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Paris, sous le Second Empire. Le baron Haussmann, préfet nommé par Napoléon III, s'est lancé dans une gigantesque entreprise qui dure depuis 15 ans : rénover la capitale en perçant de tout nouveaux boulevards, vastes et bien éclairés. Une maigre somme d'argent est prévue pour indemniser les gens qui vont devoir quitter leur maison, rasée pour faire place nette. Mais cela ne suffit pas : des milliers de personnes se sont vues chassées de chez elles, de l'endroit où bien souvent elles avaient toujours vécu, comme leurs aïeux avant elles... Et rien ne remplace les souvenirs.

Voilà 10 ans que Rose Bazelet a perdu son époux dévoué, Armand, lorsqu'elle reçoit la terrible lettre d'expropriation. Elle doit quitter sa chère résidence de la rue Childebert, la maison qui comptait tant pour son mari, là où il est né, a grandi, l'a aimée et est mort. Une solide bâtisse dans la famille depuis près de deux siècles et que Rose, à 59 ans, compte bien conserver jusqu'à son dernier souffle...

La maison m'a prise en affection. Elle m'a acceptée. Comment pourrais-je jamais quitter cette maison, mon amour ? Cette haute maison carrée, c'est ma vie. Chaque pièce a une histoire à raconter.

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Le combat de cette femme contre le préfet et contre l'Empereur m'a franchement émue. Tout le quartier se mobilise d'ailleurs, d'Alexandrine la jeune fleuriste à Mme Paccard qui tient une auberge en passant par M. Zamaretti le libraire (qui nous parle de Baudelaire, Flaubert, Zola, Balzac...) : cette communauté nous accueille à bras ouverts.
Cette lecture fut aussi l'occasion de m'interroger sur cette douleur qu'ont connue tant de Parisiens lorsque la ville qu'ils aimaient a été complètement métamorphosée : ils ne reconnaissaient plus cette cité sans âme et devaient, en plus, déménager sans émettre la moindre protestation !! La Curée de Zola évoquait déjà cet épisode mais ici, nous vivons les événements de l'intérieur.
Enfin, la forme même de ce petit roman, faisant alterner lettres tendres et journal à la première personne (Rose s'adresse à son regretté Armand) m'a bien plu. Merci Totoro pour ce si joli livre... ^_^
250 pages