Sans titre 19

Figurez-vous qu'à Londres, sous la ville que l'on connaît bien, existe la Londres d'En-Bas, un monde insoupçonné, labyrinthique, obéissant à des codes anciens et dans lequel les rats jouent un rôle essentiel. Le jour où Richard, venu d'Ecosse pour trouver du travail à Londres, croise, dans la cité d'En-Haut, la route de la jeune Dame Porte, blessée et issue des entrailles de la capitale, sa vie va basculer. Car Porte détient un secret, un incroyable pouvoir. Bien vite, Richard est emporté dans un univers terrifiant, au cœur des ténèbres, d'une sombre course-poursuite et d'une quête magique, au-delà de ses rêves (ou cauchemars) les plus fous.

Neil Gaiman n'a pas son pareil pour façonner des personnages hors du commun, à la fois fascinants, terribles et attachants. Ici, ces créations sont foison : l'insaisissable Marquis de Carabas qui revient d'entre les morts, l'étrange duo d'assassins presque comiques, l'intrigante Lamia en Velours, le sympathique géant forgeron Hammersmith, l'énigmatique Serpentine, la Bête qui hante les égouts... C'est le premier grand atout de ce roman d'aventures très dense.
J'ai aussi beaucoup apprécié l'idée de départ : imaginer une Londres en miroir, si éclectique, si dangereuse aussi, en prenant pour point de fusion avec le monde connu les stations de métro, ça tient du génie ! Cet autre monde m'a en outre fait penser à "La Cité des Enfants Perdus" de Jeunet mais aussi à quelques films d'horreur comme "Mimic", brrr...

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Enfin, les descriptions des "marchés flottants" furent particulièrement savoureuses, avec des odeurs presque palpables de curry de légumes, d'épices et de viande en train de griller, toute une faune haute en couleurs et des stands des plus variés...

"Ils sont beaux, ils sont frais, mes rêves ! Cauchemars ! Cauchemars de premier choix ! Venez acheter mes beaux cauchemars !
- Cochonneries ! Détritus ! Ordures ! Servez-vous ! Tout est cassé et abîmé !"

Bref, j'ai dévoré ce récit pareil à aucun autre, surtout les derniers chapitres, haletants, captivants, avalés à vitesse grand V, en me disant encore une fois que Neil Gaiman (dont j'ai déjà savouréCoraline et Le cas étrange de Nobody Owens) est un auteur parfaitement unique !
380 pages