(billet rédigé en vacances)

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Depuis longtemps, j'avais envie de découvrir la plume de celle qui fut l'amante de Virginia Woolf.
Dans cet ouvrage couvrant la période 1905-1911, Sébastien, jeune duc anglais de 19 ans habitant le prestigieux domaine de Chevron, tente de trouver sa place. Oisif et excessivement riche, il appartient à la haute société de son temps : entre une mère des plus frivoles et une sœur avide de liberté, il est devenu le lord des lieux ainsi qu'un parti très convoité.
Le hic, c'est que Sébastien ne sait pas ce qu'il veut : très attaché à son domaine, il joue le jeu de l'aristocratie tout en portant un regard critique sur ce monde pétri d'illusions et de mensonges dont il est issu. Ayant conscience que sa caste vit sans doute ses dernières heures avec le roi Edouard VII, il ne sait plus auprès de qui trouver du réconfort : les femmes ? l'aventurier Leonard Anquetil ? les employés de Chevron ?

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(bureau de Vita Sackville-West dans sa magnifique propriété de Sissinghurst, Kent)

Entre roman d'apprentissage et chronique mondaine, ce court récit a le charme d'une photo sépia ou d'un diadème d'antan ; on passe par exemple un Noël traditionnel à Chevron avec repas et distribution rituelle des cadeaux aux enfants du personnel (domestiques, jardiniers, menuisiers etc) dans le grand hall entièrement décoré ; on va à l'opéra ; l'été, on se promène dans le parc. 
Quelques traits piquants de l'auteure m'ont aussi plu, ainsi que le côté historique (les mœurs et le déclin de la "jet set" de l'époque). 
Toutefois, à part cela, j'avoue m'être plutôt ennuyée : les personnages sonnent désespérément creux - car c'est justement ce vide dont il est question - et les tergiversations du héros, toujours malheureux, m'ont vite lassée. 
Bilan : satisfaction d'avoir enfin vu de près l'œuvre de cette auteure mais petite déception... D'autres blogueuses ont pourtant adoré : allez lire les billets enthousiastes de The French Book Lover, de Lou, de Titine, de Miss Bouquinaix, de Romanza et d'Eliza (qui propose en fin de billet d'écouter quelques musiques évoquées dans le roman). Emmanuelle avait, comme moi, trouvé l'histoire "mollassonne".
253 pages