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♫ A écouter en lisant cette chronique : Dean Martin, "In the chapel in the moonlight".

1948, quelques jours avant Halloween. Aux Etats-Unis, la discrimination raciale est encore bien présente, la Seconde Guerre mondiale n'est pas si loin, la guerre froide a déjà débuté et les bureaux de l'ONU sortent à peine de terre. Un tout jeune Français de 17 ans, Jocelyn Brouillard, étudiant en musicologie, débarque à New York et sonne à la porte de la pension Giboulée, tenue par les sœurs Merle, deux vieilles filles excentriques et férues de piano (en particulier de ragtime) et de poker. N'y butinent que des filles âgées de 18 à 20 ans, comédiennes, chanteuses ou danseuses, bref baignant dans l'univers du music-hall : Chic, venue du Nebraska ; Manhattan, originaire du Kansas ; Hadley, débarquée de Chicago ; Ursula, New-Yorkaise du Queens ; enfin, Page et Etchika. Un gars, 6 filles, 2 chats, 1 chien, 2 propriétaires et 2 domestiques noires, Charity et Easter-Witty qui ne sert que des rognons.

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Tout ce petit monde, ainsi qu'une jolie voisine révoltée, Dido, et le golden boy Cosmo Brown font découvrir à "Jo" non seulement la trépidante ville de New-York mais aussi la vie dans un pays où tout semble démesuré : de sa toute première pizza à son premier bal d'étudiants qui a lieu un peu avant Noël ("Let it snow, let it snow, let it snow"), en passant par son premier dîner de Thanksgiving et suivant un slalom entre cinémas, clubs et théâtres, l'initiation du petit Parisien occupe un vaste pan du récit.
Mais on suit également les pensionnaires de la maison Giboulée, on entrevoit leurs secrets, leurs parcours, leurs angoisses, leurs idoles. Les guest-stars ne sont d'ailleurs pas en reste : Fred Astaire, Gene Kelly, Henry Fonda, une Grace Kelly débutante, un Allen Königsberg inconnu pas encore devenu Woody Allen, Judy Garland, Clark Gable, James Stewart et Marlon Brando colorent les pages. (L'enthousiasme de l'auteure pour les vieux films américains est communicatif !)

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Roman automn'hivernal, choral, voire roman-ballet qui se déploie avec une énergie folle, ce premier Broadway Limited agrémenté de nombreuses références réjouissantes est un cœur qui bat ! Et qui fera battre votre cœur si vous aimez les personnages attachants, attachés à un même lieu, et les histoires rétro dans lesquelles les jeunes filles portent des gants et des soquettes blanches dans leurs souliers vernis.
Enfin, je ne peux que répéter ce que je vous ai déjà dit quant à l'écriture unique de Malika Ferdjoukh : elle est de celles qui nous emportent dans son tourbillon plein de fantaisie. On commence par y tremper un petit orteil, histoire de "saisir le rythme", et puis on s'y plonge bien vite jusqu'au cou avec délice ; à la fin, on n'a pas du tout envie de sortir du bain ! Je ne voulais donc absolument pas quitter la pension Giboulée qui m'avait un peu adoptée... Vivement la suite !

"Mais le théâtre existe pour cela, petite Page. Et tous les livres du monde. Et tous les films. Les poèmes. Les chansons, même. Ils disent pour nous les mots que l'on ne sait pas dire. Il faut les écouter. S'en servir. Les redire."

583 pages

Dans le manoir aux livres, vous trouverez un lien vers une playlist très 40's élaborée à partir des morceaux cités (Bing Crosby, Dean Martin...) : extra !

Lecture-écho (appréciée un été, quand j'étais justement étudiante) : 1954...
aaa

Oh, j'allais oublier : un tout petit truc en plus..., un p'tit truc géant en fait ! ^_^
Contactée par la responsable web de L'Ecole des Loisirs, j'ai reçu mon exemplaire du roman le jour même de mon anniversaire ! Un exemplaire dédicacé par l'auteure elle-même : sa sympathique attention m'a beaucoup touchée et m'a fait l'impression d'un bras autour de mon épaule (clic clic) :

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Alors, un immense merci à Malika Ferdjoukh et à Coline Ribue de L'Ecole des Loisirs. Au plaisir...