Ce très, très beau roman japonais m'a d'abord interpellée chez Nathchoco ; ô joie, j'ai réussi à le trouver à la médiathèque !

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Ne vous méprenez pas sur le titre : ce récit n'a rien de "nunuche". Une douceur, oui, mais rien de trop facile, rien d'insipide...
On nous raconte l'histoire de Rinko, 25 ans, qui vient de se faire plaquer par son petit ami indien, et perd brutalement l'usage de la parole. Elle choisit de se réfugier auprès de sa mère, dans un village montagnard sûrement situé dans la région d'Okinawa, dans une maison où le temps est rythmé par le chant de "Papy Hibou", et réaménage une grange inutilisée pour y ouvrir un restaurant très particulier. Nommée L'Escargot, comme le tricycle à remorque que le dévoué Kuma, un ami plus âgé, lui offre, cette auberge ne propose que des produits cultivés, élevés ou trouvés dans la région, que Rinko prépare amoureusement, tout spécialement pour chaque convive. Car dans ce restaurant rustique et chaleureux, on ne sert qu'une table par jour, qu'il s'agisse d'une personne seule, d'un couple en devenir ou d'une famille, et le repas, concocté, servi et avalé très lentement, est toujours adapté à ceux qui vont le déguster. Selon des recettes ancestrales que Rinko a héritées de sa grand-mère.

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Le nom de mon futur restaurant ne pouvait être que L'Escargot. C'était ça !
Emmitouflée dans ma couette comme un gâteau roulé, j'ai claqué des doigts toute seule.
Désormais, avec ce restaurant posé sur mon dos, j'avancerais, lentement. Le restaurant et moi, nous ne formerions plus qu'un.

Une façon pour Rinko de trouver un sens à son existence, de faire le bien autour d'elle (ne dit-on pas, dans la vallée, que sa cuisine a des pouvoirs magiques ?) et d'enfin se réconcilier avec celle qui l'a mise au monde...

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J'ai aimé tellement de choses dans cet ouvrage ! D'ailleurs, j'ai suivi les conseils de Rinko et ai croqué ce texte par petits bouts délicieux (ce qui est très rare). Les considérations sur la nourriture, les êtres vivants (je n'oublierai pas l'épisode du lapin), la nature m'ont charmée. Une ode à la simplicité retrouvée et aux petits bonheurs qu'il faut savoir saisir. Le passage du temps m'a également plu : d'un septembre encore doux aux premiers frimas de l'automne, surtout en altitude (la plus grande partie), puis la neige immaculée avant le retour des beaux jours... Enfin, l'aspect humain de l'histoire, les choix puis la métamorphose de l'héroïne m'ont vraiment touchée. Une leçon de sagesse et de pardon, qui ne peut que nous éclairer, servie dans un style limpide (et sans doute très bien traduit). Profond et léger à la fois. Une réussite.
L'avis, un peu plus partagé, de Lewerentz (qui a noté, avec raison, un certain déséquilibre entre les 2 moitiés du roman).
243 pages

PS : Vu l'engouement populaire qu'a suscité ce roman, on en a tiré un film au Japon (la bande-annonce originale, découverte elle aussi chez Nathchoco, se trouve ici).
PPS : Un clin d’œil à Miss Laure Escargot. ^_^