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Emballée par un billet d'Aline et puisque j'avais adoré Avril enchanté, j'ai emprunté ce roman à la bibli à la toute fin du Mois Anglais. Si le thème est encore une fois celui du voyage, de l'ailleurs, le cadre historique est un peu différent.

Nous sommes en 1916. Christopher et Colombus sont les surnoms que se donnent deux soeurs jumelles de 17 ans, Anna-Rose von Twinkler, l'aînée de 20 minutes, la plus téméraire et la plus responsable, et Anna-Felicitas, fragile, paresseuse et un peu hors du monde. Nées d'un père allemand et d'une mère anglaise, les deux jeunes filles ont été recueillies un temps en Angleterre par leur tante Alice et leur grippe-sou d'oncle Arthur. Or celui-ci, ne voulant plus s'occuper de deux adolescentes appartenant à moitié au camp ennemi, les expédie en bateau (en deuxième classe, il ne faut pas gaspiller) chez des connaissances aux Etats-Unis. A bord, les deux "exploratrices", prêtes à découvrir le nouveau monde, rencontrent Mr Twist, 35 ans, célibataire un peu coincé, inventeur de la théière qui ne goutte pas et qui se prend d'affection pour elles. Christopher et Colombus découvriront ainsi New York, Boston, Chicago et enfin Acapulco en Californie, où elles ouvriront un salon de thé dans un pavillon qu'elles tâcheront de transformer en cottage anglais ! Quel périple ! Et là-bas non plus, ce n'est pas facile de trouver sa place...

Sans titre 1
Rose à bord du Titanic.

Ce roman d'apprentissage présente d'indéniables atouts (la visite automnale des USA, les trajets en train à l'ancienne - avec wagon-restaurant, wagon-salon, wahou la totale ! - les passages décrivant l'aménagement de l'auberge ainsi que les douceurs qu'on y propose, et surtout la plume vive et pleine d'intelligence d'Elizabeth von Arnim qui distille un humour délicat et un peu acide parfois).
Mais il ne m'a pas totalement séduite non plus : la traversée en bateau occupe un trop gros tiers du roman et finit par être un peu lassante ; j'ai souvent trouvé les deux héroïnes (Anna-Felicitas en particulier) horripilantes, avec leurs règles bien établies et en même temps leurs enfantillages ; enfin, même avec une grande ouverture d'esprit, le lien entre les deux Anna et Mr Twist m'a un peu gênée... 
Pas convaincue par le fond donc, mais charmée encore une fois par le style de l'auteure (entre autres, maîtresse de H.G. Wells et cousine de Katherine Mansfield - dont j'avais lu un bon tiers du journal quand j'avais 16 ou 17 ans).
Petite remarque très terre à terre, pour conclure : je ne sais pas ce que les éditions Salvy choisissaient comme papier pour leurs livres mais celui-ci, pourtant pas plus épais qu'un poche classique, pèse une tonne ! C'est fatiguant à la longue...
489 pages