Sans titre 11

A notre Ă©poque, mademoiselle Prudence Prim, la petite trentaine, Ă©rudite aux idĂ©es claires et dotĂ©e d’un goĂ»t prononcĂ© pour la vie d’antan, rĂ©pond Ă  une petite annonce provenant du village fictif de Saint-IrĂ©nĂ©e d’Arnois : un homme cĂ©libataire d’une dizaine d’annĂ©es de plus qu’elle cherche une bibliothĂ©caire pour remettre en ordre les quantitĂ©s astronomiques de livres qui remplissent sa grande maison. Dans cette bĂątisse, « l’homme du fauteuil Â» Ă©duque ses 4 neveux ainsi que d’autres enfants du village ; il leur dispense une instruction humaniste passant par le latin, le grec, la poĂ©sie et la religion. En effet, Ă  Saint-IrĂ©nĂ©e, s’est dĂ©veloppĂ©e une communautĂ© qui en avait assez de la vie moderne et de ses Ă©cueils : des gens venus de tous horizons y fabriquent et vendent leurs propres produits de consommation, les vĂȘtements sont confectionnĂ©s sur place ; il y a une gazette, une librairie-papeterie-poste, un salon de thĂ© et une Ă©cole oĂč les programmes font la part belle Ă  ce qui est simple et fondamental ; enfin, les deux activitĂ©s en poupe dans le coin sont l’étude et la lecture. Bref, Mlle Prim dĂ©barque dans une colonie d’utopistes oĂč la vie est bien douce et oĂč le temps semble s’ĂȘtre arrĂȘté  Les amitiĂ©s sont vraies, les petits canapĂ©s au roast-beef succulents et son employeur ne va pas tarder Ă  l’envoĂ»ter.

Sans titre 12

J’ai bien sĂ»r Ă©tĂ© sensible Ă  la place de la littĂ©rature (on y dĂ©bat de Virgile, d’HomĂšre, de Jane Austen, d’Elisabeth Gaskell et Dickens aussi bien que des Quatre filles du Docteur March), et aux idĂ©es prĂŽnant un retour Ă  ce qui est vrai : on se sent dĂ©cidĂ©ment bien dans cette sociĂ©tĂ© miniature d’une autre Ă©poque ! On y passe un automne douillet suivi d’un hiver non moins agrĂ©able au coin du feu (le chapitre sur NoĂ«l est superbe).

La bibliothĂ©caire, les bras barbouillĂ©s de farine jusqu’aux coudes et les joues rougies par l’effort, contempla avec satisfaction la vieille et belle cuisine, dĂ©crĂ©pite comme toutes les choses dans ce foyer. Cette cuisine lui suggĂ©rait une enfance parfaite. Une enfance qui sentait le pain Ă  peine sorti du four, les beignets, le gĂąteau au chocolat, les galettes et les gimblettes.

Vous voyez un peu le genre ? ^_^
L’atmosphĂšre estivale italienne de la derniĂšre partie m’a Ă©galement bien plu. En revanche, tout un pan du livre, entre la moitiĂ© de l’histoire et l’épisode italien, m’a ennuyĂ©e : le jeu de devinettes amoureuses et la place trop grande de la foi ne m’ont pas franchement emballĂ©e. NĂ©anmoins, je garderai le souvenir d’une jolie fable venue d’Espagne et d’une lecture apaisante, dĂ©nichĂ©e sur le blog Un autre endroit. Milly a Ă©galement commentĂ© ce livre.
345 pages

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