Sans titre 1

Ce récit date de 2003, c'est donc un des "anciens" romans de Noël d'Anne Perry et, par bien des aspects, je l'ai trouvé meilleur que d'autres plus récents. Au début, j'ai pourtant eu du mal à entrer dans l'histoire, la quantité de personnages me donnant un peu le tournis...
En effet, nous sommes en décembre 1852 et une douzaine de membres de la bonne société londonienne se retrouvent pour une semaine à Applecross, la propriété de Sir Omegus Jones. Au cours d'un dîner, deux jeunes veuves se disputent les faveurs d'un célibataire présent. Sauf que l'une d'elles est plus incisive que l'autre : Isobel Alvie déclare haut et fort que sa rivale, Gwendolen Kilmuir, en veut clairement à la fortune du séduisant Bertie. Une remarque injuste qui précipite les événements... puisque Gwendolen est retrouvée morte le lendemain dans l'étang de Jones. Un suicide. Dont Isobel est jugée clairement responsable. Pour se racheter, pour obtenir le pardon et le silence des autres convives, elle doit aller annoncer elle-même la terrible nouvelle à la mère de la défunte, qui vit en Ecosse. Et l'intuitive Vespasia Cumming-Gould, une Lady aussi intelligente que belle, va l'accompagner en tant qu'amie. Le long voyage jusque dans le nord sera l'occasion d'en savoir plus sur le passé de Mrs Kilmuir, sur le décès de son mari, sur son étrange relation avec sa mère ainsi que sur les motivations de Lady Vespasia elle-même...

Voici une enquête peu commune, qui se déploie au fil d'un parcours hivernal au coeur de l'Ecosse sauvage (un cadre qui m'a enchantée, comme vous pouvez vous en douter) : en train, à cheval, en bateau, les deux femmes verront le vieil Edimbourg, Inverness, le Loch Ness, le château de Stirling, Crianlarich, les reliefs dramatiques de Glencoe, les écluses à Fort Augustus, le Loch Lomond, autant d'endroits que je ne suis pas près d'oublier. Outre les lieux, c'est aussi l'épaisseur du texte qui m'a séduite : dans un style irréprochable, on nous brosse le tableau d'une haute société cruelle et du peu de choix qu'elle laisse paradoxalement aux femmes bien nées. Le tout se clôt un soir de Noël victorien, dans une maîtrise parfaite :

sapin2

Dans un coin, un énorme sapin chargé de décorations, de bougies, de guirlandes de papier coloré et de petits paquets aux couleurs joyeuses, diffusait une odeur boisée qui se mêlait aux senteurs d'épices et de feu de bois, et au fumet discret de la viande rôtie et du pudding. On percevait une certaine excitation dans les voix étouffées des servantes, dans leurs petits rires et les bruissements de leurs jupons.

Une idée-lecture piochée tout récemment chez Lou et croisée plusieurs fois lors du R-A-T de ce week-end.
126 pages

Chez MyaRosa, aujourd'hui, c'est journée "récit de Noël"...
ob_296bf0_1bis
Logo 1 Samarian