Sans titppre 1

Début du XXe siècle, aux îles Salomon, au beau milieu du Pacifique, un Anglais fiévreux se trouve à la tête d'une plantation de noix de coco vacillante sur l'île de Guadalcanal. Endetté, David Sheldon peine à maintenir à flots son exploitation dans laquelle travaillent 200 "recrues" indigènes, autant dire des quasi-esclaves issus de tribus cannibales. Plusieurs "boys" sont également à son service et il a l'habitude de traiter ses affaires perché sur la véranda de son bungalow bâti sur pilotis.
Un jour de tempête, à la tête d'une petite embarcation, surgit la téméraire et obstinée Américaine Joan Lackland (quelle part de "Jack London" y a-t-il donc dans ce nom fictif ? :-p), 22 ans à peine, qui a survécu au naufrage du voilier de son père avec quelques-uns des Tahitiens lui servant à la fois de domestiques et de gardes du corps. A peine sortie de l'enfance, orpheline, éprise de romanesque, elle est cette "Aventureuse" annoncée par le titre français. Tenant par-dessus tout à rester libre, elle est prête à tous les excès et à tous les coups de tête pour défendre son indépendance et réaliser son rêve : devenir "planteuse" sur une île encore à moitié sauvage... Sheldon va devoir faire avec ce tourbillon qui a débarqué sur sa plage et qui compte bien s'installer chez lui !

DSCN1529

Voilà un texte vraiment dépaysant ! On part dans la brousse, voire dans la mangrove, et on y rencontre même des chasseurs de têtes lors d'une chasse à l'homme... :-( Par ailleurs, il tient tout autant du récit d'aventure que du vaudeville (ou tout au moins de la comédie) : les héros forment un duo détonnant. Joan m'a parfois tellement irritée par ses caprices que j'aurais bien aimé lui administrer quelques baffes ! Mais il faut reconnaître que c'est un sacré bout de femme : embobinant les escrocs les plus endurcis, ne leur laissant même pas le loisir de réfléchir, marchandant, commandant les bateaux qu'elle vole parfois, piégeant les crocodiles, nageant au milieu des requins et dirigeant la maison de Sheldon d'une main de fer... Quant à celui-ci, il "s'écrase" : que pourrait-il faire d'autre face à cette extravagante tornade ? :-)

"Bon Dieu ! mon cher, cette fillette est un prodige, une merveille, une... une catastrophe. Oui, c'est cela, une catastrophe, voilà ce qu'elle est ! Elle a traversé Guvutu et Tulagi comme un ouragan."

J'ai évidemment été très gênée par les comportements racistes de l'Américaine et de l'Anglais, ainsi que des blancs en général, mais il ne faut pas oublier qu'au début du XXe siècle, le colonialisme était encore vigoureux et le "darwinisme social" bien ancré dans les esprits. London partageait-il ces opinions ou les a-t-il seulement attribuées à ses personnages dans un souci de vérité historique ? Nul ne le sait et la controverse court toujours... Au final, c'est un livre plutôt léger côté intrigue mais à prendre avec beaucoup de recul concernant le contexte, authentique mais révoltant à notre époque.
322 pages

De London, je me souviens avoir lu, dans un style bien différent : L'appel de la forêt et Construire un feu.

logodorothee0
"les tempêtes des Mers du Sud"