Sans toitre 1

Foenkinos est un auteur que je trouve physiquement trÚs sympathique (parce qu'il me fait toujours penser à mon copain Arnaud ^_^) - et puis, il est né en 1974 comme Vir et Choco-Bro, alors... ^_^

Ce roman, tenant Ă  la fois de la comĂ©die et de l'enquĂȘte, m'a sĂ©duite. C'est l'histoire d'un bibliothĂ©caire breton qui, inspirĂ© par une idĂ©e amĂ©ricaine, rĂ©serve dans son Ă©tablissement un rayonnage consacrĂ© aux manuscrits refusĂ©s. Des gens qui ont mis tout leur coeur dans un texte et qui ont Ă©tĂ© Ă©conduits par les maisons d'Ă©dition pourront dĂ©sormais dĂ©poser leur oeuvre chez Jean-Pierre Gourvec, un homme taiseux, Ă©nigmatique mais passionnĂ© par les mots.
Quelques années plus tard, Gourvec étant décédé, la bibliothÚque de Crozon se trouve aux mains de Magali, qui était là au tout début du projet de son mentor. Elle se souvient lui avoir dit alors :

- J'ai compris : vous voulez que je sois la MÚre Teresa des écrivains ratés.
- Voilà, c'est un peu ça.

Delphine, Ă©ditrice chez Grasset, sort avec FrĂ©dĂ©ric, un auteur qu'elle a lancĂ© mais dont le premier roman fut un Ă©chec retentissant. Elle l'emmĂšne chez ses parents respirer le bon air iodĂ© et, ensemble, ils dĂ©couvrent l'Ă©tagĂšre des livres dont personne n'a voulu. C'est lĂ  qu'ils mettent la main sur la perle rare : un merveilleux manuscrit qu'ils vont tout faire pour publier. Le rĂ©cit est signĂ© Henri Pick, le pizzaĂŻolo de Crozon, mort depuis 2 ans... Henri, un Ă©crivain ? MĂȘme Madeleine, sa veuve, tombe des nues... Pourtant, le monde n'a pas fini d'entendre parler d'Henri Pick, avec des consĂ©quences parfois inattendues !

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Une intrigue prenante, un style sobre, clair et en mĂȘme temps malicieux : j'ai beaucoup aimĂ© les clins d'oeil de Foenkinos aux grands noms de la littĂ©rature actuelle, ainsi que ses incursions dans les notes de bas de page (1) qui sont un vrai jeu avec le lecteur. En savoir plus sur les dessous des maisons d'Ă©dition (et d'une Ă©mission tĂ©lĂ© comme "La grande librairie") m'a aussi bien plu. Les personnages ne m'ont pas tous emballĂ©e mais j'ai quand mĂȘme apprĂ©ciĂ© cette fable sur les faux-semblants et les manipulations, qui Ă©gratigne gentiment notre sociĂ©tĂ© moderne au passage. Cerise sur le gĂąteau : j'ai empruntĂ© ce roman Ă  la bibliothĂšque municipale. ;-)
286 pages

PS : SvCath l'a commenté il y a une semaine tout juste ! :-)

(1) Comme si la reconnaissance consistait Ă  ĂȘtre compris. Personne n'est jamais compris, et certainement pas les Ă©crivains. Ils errent dans des royaumes aux Ă©motions bancales, et, la plupart du temps, ils ne se comprennent pas eux-mĂȘmes.

Film-Ă©cho
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Sans avoir jamais lu la nouvelle originale d'E-E. Schmitt, j'ai vu plusieurs fois (et adorĂ©) le film "Odette Toulemonde" avec l'extraordinaire Catherine Frot : fantaisie, poĂ©sie, Ă©motions... et JosĂ©phine Baker pour l'ambiance musicale. Odette, admiratrice absolue de l'Ă©crivain Balthazar Balsan (Albert Dupontel), dont les ouvrages redonnent des couleurs Ă  sa vie tristounette, voit son quotidien basculer le jour oĂč son auteur chĂ©ri entre dans son existence ! Une jolie histoire pour qui aime les livres...

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