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Lorsque MyaRosa a présenté ce roman l'an passé, son billet m'avait charmée ! En effet, les "ingrédients" de ce livre ne pouvaient que me plaire...
Nous voici dans les années 1960, à Cape Cod, lieu de villégiature prisé par les riches New Yorkais qui y possèdent une (ou plusieurs) maisons de vacances (ça me rappelle d'ailleurs une ancienne chronique consacrée à la villa en bord de mer de mes rêves...).

C'est bien à cela que servent les vacances à Cape Cod, non ? C'est pour cela que les Hardcastle ont acheté cette propriété, au début des années vingt. C'est pour cela qu'ils la gardent. Pour cela qu'ils reviennent tous les ans manger les mêmes sandwiches au homard et se faire rôtir sous le même soleil. 

C'est le cas de la tentaculaire famille Hardcastle, comptant de nombreux cousins et cousines par alliance, à la tête d'une impressionnante marmaille, profitant du soleil, du sable et de la mer dans plusieurs pavillons rassemblés autour de  l'élégante Grande Maison, tenue par la vénérable Granny Hardcastle, une langue de vipère qui n'hésite pas à frapper là où ça fait mal.

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C'est d'ailleurs ce qu'elle fait à Christina, dite Tiny, l'épouse de son petit-fils préféré, Frank, destiné à une grande carrière politique.
Pauvre Tiny ! (comme le sous-entend d'ailleurs le titre original) 26 ans, la femme en apparence parfaite mais en réalité écrasée sous le poids d'un rôle qu'on lui a imposé dès sa petite enfance, passée dans son bel appartement de la Cinquième Avenue. Ayant sacrifié sa carrière de danseuse pour seconder son mari présidentiable, lui-même poussé par un père aux ambitions déçues, la trop lisse Tiny semble prise au piège. Si seulement elle pouvait avoir un enfant... Et si seulement elle pouvait oublier la passion qu'elle a partagée, peu avant son mariage, avec Caspian, le cousin de Frank... Malheureusement, celui-ci revient du Viêtnam en capitaine héroïque et il va falloir l'accueillir comme il se doit sans rien laisser paraître, le tout en pleine campagne électorale pour un siège au Congrès. Pour couronner le tout, la jeune femme reçoit des lettres anonymes menaçant de révéler son passé avec Cap : qui la fait chanter ainsi ? Par chance, Pepper, l'éclatante soeur de Tiny, une ébouriffante tornade sexy avec laquelle elle ne s'est pourtant jamais entendue, va venir à sa rescousse.

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(♫ résonnance : Tori Amos, "Jackie's strength", 1998 : clic clic)

J'ai beaucoup apprécié cette lecture à la fois chic et terrible, qui nous révèle les dessous des familles les plus convenables, en fait à l'affût du pouvoir. J'ai aimé que les femmes enfilent leurs gants blancs pour conduire leur Cadillac, ainsi que l'évocation de Jackie Kennedy et surtout l'évolution du personnage de Christina. Beatriz Williams est décidément une auteure que j'aurai grand plaisir à retrouver.
444 pages

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