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Cet extraordinaire ouvrage retrace le parcours de la puissante famille McCullough, entre 1849 et les années 2010. Tout commence quand, en l'absence de son père, Eli, fils cadet d'un émigré écossais et d'une mère espagnole, voit sa mère et sa soeur se faire massacrer par une bande de Commanches partis en raid pour rapporter à leur tribu chevaux, armes et objets de valeur. Recueilli par le chef Toshaway, Eli, 13 ans, est bientôt renommé Tiehteti, apprend les usages indiens, s'endurcit et, à force de courage et d'audace, devient plus qu'un simple captif : il devient l'élu censé incarner l'avenir de la tribu. Mais quel avenir pourra-t-il représenter quand on sait que ses descendants l'appellent "Le Colonel" ? Car le roman suit aussi, entrelacées, les destinées de Peter, le fils qui l'a tant déçu, et de son arrière-petite-fille, Jeannie.

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Premiers colons, pionniers, Guerre de Sécession, tradition esclavagiste, anéantissement des Indiens, position des Mexicains : le projet était ambitieux. Christophe Colomb, le général Custer, Abraham Lincoln, Buffalo Bill, Henry Ford, Howard Hughes, JFK : tous ces noms (et bien d'autres encore) trouvent leur place dans ce livre formidable et foisonnant. Un roman, riche en données historiques et en informations concernant les moeurs commanches, qui retrace la fin d'une époque, la fin d'une civilisation, la fin des Etats-Unis "primitifs" et l'émergence de ces grandes dynasties du Sud.

Les Américains... Il laissa son esprit vagabonder. Ils croyaient que personne n'avait le droit de leur prendre ce qu'eux-mêmes avaient volé. Mais c'était pareil pour tout le monde : chacun s'estimait le propriétaire légitime de ce qu'il avait pris à d'autres.

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(mes références ciné pour le Mexique : une comédie et deux films coups de poing : "La Zona" et "Les oubliées de Juarez")

C'est une histoire nécessairement violente, faite de passion, de vengeance, de trahison, de soif d'argent ; c'est l'histoire des McCullough, famille maudite depuis l'aïeul sans pitié ; c'est l'histoire du Texas, terre volée, terre de grizzlis et de bisons, de chevaux puis de pétrole...

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"Dallas" : en vedette, Pamela, Bobby et Christopher Ewing.

Un livre qui donne soif de grands espaces, qui fait réfléchir et m'a rappelé de nombreux aspects que notre guide avait évoqués, lors de notre voyage dans l'Ouest en 2014. Par exemple, la dimension "nomade" de la civilisation américaine, un peuple d'aventuriers qui, par tradition, est amené à se déplacer sans s'attacher, comme on le fait sur le Vieux Continent, à un endroit en particulier (cette idée de parcours est présente dans à peu près tous les textes que j'ai lus jusqu'à présent) :

"C'est pas comme si nos pères avaient grandi ici, Pete. Pas comme si les gens étaient là depuis longtemps. C'est juste l'endroit où ils se sont arrêtés."

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Grâce à Rachel, je sais maintenant qu'il existe une série adaptée de ce roman,
avec Monsieur Pierce Brosnan dans le rôle du vieil Eli...!

Histoire fascinante et terrible que celle des Etats-Unis. Roman passionnant et rude que celui de Philipp Meyer. Merci, Choco-Mum, pour le prêt ! ^_^
671 pages

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Pour compléter, un livre jeunesse traitant d'un thème similaire. J'ai reçu ce spécimen en mai dernier au collège, et j'ai immédiatement pensé vous en parler lors de ce Mois Américain / Choco-Tour n°2. Il s'agit pourtant d'une petite déception, même si ce récit partait avec de réels atouts :

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L'intrigue est fondée sur des faits réels : entre 1870 et 1879, au Texas, le jeune Herman Lehman, enlevé par des Apaches, a vécu avec les Indiens et s'est totalement immergé dans leur culture, au point de devenir le fils adoptif d'un grand chef. En 1879 cependant, à 20 ans, alors que les derniers Indiens authentiques s'apprêtent à se rendre aux Rangers, à faire le sacrifice de leur liberté pour sauver leur peuple et à s'installer dans des réserves, le clan recommande à Herman, devenu En Da ("le garçon blanc") de partir retrouver sa véritable famille. Ce retour auprès des "Visages Pâles" qu'En Da a appris à voler, à détester, à redouter, est intéressant ; mais le reste est assez convenu, le style n'a rien de formidable et les personnages demeurent assez froids, comme si on restait "en surface". Lecture en demi-teinte, donc. Il faut dire que c'est difficile de passer après Le Fils, fresque pour adultes ultra-aboutie...
179 pages

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