Thème du jour - Gourmandises.

9782330057169

Aki Shimazaki est une auteure québécoise née en 1954 au Japon mais installée au Canada depuis 1981 (ses ouvrages ne sont donc pas des traductions, ce qui est notable). J'ai découvert son nom pour la première fois chez Lou et ai choisi de commencer l'exploration de son oeuvre par ce court ouvrage emprunté au hasard à la médiathèque. Ok, en réalité, ce sont les magnifiques couleurs de la couverture qui m'ont attirée. ;-)

Hôzuki, ce sont les physalis, ces drôles de petits fruits lumineux emprisonnés dans leur cage de dentelle végétale ! Tout légers mais un peu magiques...

Mitsuko, 38 ans, tient une boutique de livres d'occasion et s'occupe de son adorable fils, Tarô, bientôt 7 ans, sourd et muet, qui commence à s'interroger sur sa naissance et sur son père. La mère de Mitsuko, cuisinière émérite (on cite tout un tas de plat japonais alléchants, notamment les "ohagi", pâtisseries à base de riz et de haricots rouges), vit également avec eux. Ainsi que Socrate, le vieux matou devenu un vieil ami. Un jour froid de décembre, une mère et sa fille de 4 ans poussent la porte du magasin et tout risque de changer.

Dans ce roman se déroulant sur quelques semaines seulement mais parsemé d'éclairants flashbacks, il est question des choix que nous faisons, de culpabilité, de lien maternel, de neige, de bonheur et du hasard dans tout ce qu'il a d'inquiétant et de beau à la fois.
Autre questionnement : jusqu'où est-on prêt à aller dans le mensonge par amour ?
J'ai toujours du mal avec les personnages de femmes qui évoluent dans leur vie avec une grande distance, sans "se connecter" aux autres, en gardant tout un tas de secrets, une grande part d'ombre, ce qui les rend encore plus froides et inaccessibles. Parce que je ne suis pas comme ça du tout. Et pourtant, Mitsuko évolue, apportant au récit, au fil de chapitres efficaces et concis, une improbable chaleur, comme une onde positive qui m'a fait sourire dans les dernières pages.
J'ai aussi aimé l'
importance de l'écriture, de la graphie, des "kenji" (caractères chinois repris par la langue japonaise) et de l'écriture "hiragana" (qui transcrit les mots japonais en phonétique), une dimension qui nous est inconnue en Occident et qui invite à réfléchir aux homonymes, aux différents sens d'un mot ou d'un caractère : c'est assez fascinant !
Bref, un récit qui, comme les hôzuki, ne se donne pas tout de suite mais dont, étonnamment, on ressort sans doute plus fort...
138 pages

Des-livres-en-cuisine-bis
(billet 2019 n°8)

4269484269
(billet 2019 n°7)
(présentation, programme et choco-récap par là)