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Cet ouvrage fut un hit en Angleterre alors qu'on le dĂ©couvre Ă  peine en France depuis quelques annĂ©es (Titine en a parlĂ© ici). EdmĂ©e Elizabeth Monica Dashwood (1890-1943), nĂ©e de La Pasture (d'oĂč le pseudo Delafield), livre ici un journal rĂ©jouissant prenant place en 1929-1930 : un texte certes fictif mais trĂšs largement inspirĂ© de sa propre vie.

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Nous voici dans le Devonshire, dans un petit village Ă  la Agatha Raisin, avec ses associations de dames patronesses, sa petite communautĂ© adorant les potins et tout un tas d'amies chĂšres (mais qu'on adore critiquer quand mĂȘme).
La narratrice vit avec son mari Robert (en vrai, Arthur), taiseux, abrupt, pas trĂšs courageux et s'endormant invariablement en lisant le Times. Elle a 2 enfants, Robin (qui semble avoir une douzaine d'annĂ©es) et Vicky 6 ans (en rĂ©alitĂ©, Lionel et Rosamund), qu'elle adore mais avec une nette prĂ©fĂ©rence pour son fils aĂźnĂ©. Comme notre Lady est une femme dĂ©Ă©Ă©bordĂ©Ă©Ă©, Robin est interne dans son Ă©cole et Vicky est Ă©levĂ©e par "Mademoiselle", une gouvernante française qui aime tout dramatiser et qui ne mĂąche pas ses mots. La maisonnĂ©e fonctionne aussi grĂące Ă  quelques domestiques fidĂšles. Et il vaut mieux qu'ils le soient car l'hĂ©roĂŻne, constamment au bord de la banqueroute, est aussi peu douĂ©e pour faire des Ă©conomies que pour jouer au tennis ! C'est simple : elle accepte des invitations Ă  dĂ©jeuner uniquement parce qu'elle est sĂ»re d'ainsi faire un repas dĂ©cent et de manger mieux que chez elle. Et son mari rĂąle, bien sĂ»r ! :-)
Ne vous faites quand mĂȘme pas trop de souci : comme Lady prend tout Ă  la lĂ©gĂšre, l'Ă©tat dĂ©sastreux de ses finances ne l'empĂȘche quand mĂȘme pas de faire du shopping, de partir bronzer sur la CĂŽte d'Azur avec sa copine Rose ni de passer quelques jours Ă  Londres.

Le rĂ©cit de son quotidien, de ses mĂ©saventures et de ses sorties mondaines est trĂšs plaisant Ă  lire ! D'un ton dĂ©licieusement caustique, elle partage ses questionnements, ses prĂ©jugĂ©s et ses maladresses :

"Je m'exclame - un peu Ă©tourdiment, peut-ĂȘtre - qu'ĂȘtre veuve et sans enfants est sĂ»rement la chose la plus merveilleuse au monde, mais le silence rĂ©probateur de Robert me rappelle Ă  moi-mĂȘme et m'oblige Ă  dire que ce n'est pas du tout ce que je voulais dire."

Dans le fond, elle est touchante (mais tĂȘte Ă  claques ;-p), comme une habile rencontre entre Deborah, duchesse of Devonshire et Tante Mame (en nettement moins fortunĂ©e que ces deux-lĂ ).
252 pages

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(billet 2019 n°15)
(présentation et choco-récap)