Sans timpltre 2
(la merveilleuse musique de Max Steiner

Décembre 1938. Culver City, comté de Los Angeles. La jeune Julie Crawford, fraîchement débarquée de son Indiana natal, a quitté une famille qui l'étouffe pour s'installer à proximité d'Hollywood (l'illustre panneau sur la colline a 15 ans à peine). Elle se donne un an pour réaliser son rêve : devenir scénariste ! Elle se retrouve ainsi, dans les studios de David O. Selznick, sur le tournage vibrant, pharaonique et tout simplement incroyable d'"Autant en emporte le vent".

Sans mpltitre 1

"Quelque chose d'immense" se dégage de ce long-métrage en gestation. Quelque chose d'aussi immense que les flammes s'élevant de la ville d'Atlanta totalement reconstituée en studio, un incendie produit en brûlant notamment les décors du "King Kong" de 1933. Les domaines de Tara et des Douze Chênes sortent eux aussi des pages de Margaret Mitchell et prennent miraculeusement vie sous les yeux de notre héroïne...

Sanms titre 2

A travers le regard de Julie, le lecteur découvre lui aussi les dessous du tournage de la première véritable super-production du XXe siècle.

Sans titre 5

D'abord confiée à George Cukor, la réalisation revient ensuite à Victor Fleming. Les acteurs vedettes, Vivien Leigh (25 ans à l'époque) et Clark Gable (37), sont fascinants... d'autant plus que Julie devient vite l'assistante personnelle de Carole Lombard, originaire de la même ville qu'elle. A l'époque, c'est l'actrice la mieux payée du monde et la célèbre maîtresse de Clark Gable, sur le point de divorcer de sa première femme. Impressionnante, cette truculente et adorable Carole Lombard qui n'a pas 30 ans, rêve d'une vie toute simple avec l'homme qu'elle aime, manie l'autodérision comme personne et qui n'a pas non plus la langue dans sa poche ! Au gré du tournage, Julie fait aussi la rencontre d'Andy Weinstein, l'assistant du tyrannique producteur... 

Sans titre 4
Au centre : Clark et Carol, "le roi et la reine d'Hollywood". Un accident d'avion tuera Carol Lombard en 1942.

Dans le même temps, alors que des centaines de figurants endossent chaque jour les costumes de la Guerre de Sécession, le souffle de la Seconde Guerre Mondiale et de la haine raciale gronde en Europe, ébranlant l'immense communauté juive américaine, notamment dans le monde du show-business : le très réel Leslie Howard (Ashley Wilkes) doit regagner les rangs de l'armée anglaise, et le fictif Andy apprend bientôt que ses grands-parents ont été emmenés à Dachau...

Sans titre 3

Ce roman oscillant entre chick-litt et récit historique m'a interpellée chez Sue-Ricette. Si j'ai trouvé passionnants et fascinants tout le contexte de l'âge d'or hollywoodien (on croise encore Laurence Olivier, Greta Garbo et même Francis Scott Fitzgerald), la condition des acteurs Noirs, la genèse du chef d'oeuvre de Victor Fleming et les infos concernant la vie et le destin, souvent tragique, des acteurs (aussi bien Américains que Britanniques) de cette fresque, j'ai malheureusement trouvé que le style de Kate Alcott n'avait pas grande saveur... Dommage, je suis restée sur ma faim.

Sans titre 1
La première mythique à Atlanta : au centre et de gauche à droite,
Vivien Leigh, Clark Gable, Margaret Mitchell, David Selznick, Olivia de Havilland.

Mêler personnalités avérées et figures imaginaires, ainsi que la vie privée et la vie publique des comédiens était pourtant une superbe idée ! De même que mettre Julie face aux déceptions et à l'illusion qui est l'essence même du monde du cinéma, la forçant ainsi à puiser en elle-même la force de continuer à avancer vers son but : écrire des scénarios. Bref, un fond intéressant mais une forme décevante, qui m'a amenée à survoler plusieurs chapitres.

Sans titre 4

Mais en tout cas, j'en sais désormais davantage sur ce film culte qui obtint 10 Oscars en 1940, dont le premier décerné à une actrice Noire, Hattie McDaniel, meilleur second rôle pour son incarnation de Mamma, l'inséparable domestique de Scarlett. Prise à partie sur le fait qu'elle contribue, à l'écran, à renforcer les clivages sociaux et accusée de donner une image faussement positive de l'esclavage, Hattie McDaniel répondait d'ailleurs qu'elle préférait gagner 700 dollars par semaine à jouer une bonne plutôt que 7 dollars par jour à en être une ! Et toc, je l'adore ! J'en sais également plus sur l'oeuvre de Margaret Mitchell elle-même (prix Pulitzer 1937 pour cette p'tite bonne femme modeste et réservée), et j'ai bien sûr terriblement envie de revoir le film à présent ! (qui dure à peine 4 petites heures, quoi ^_^)
324 pages

IMG_20190921_152659013

N.B. Seule survivante du casting et de l'équipe, la très distinguée miss Olivia de Havilland (Melanie Hamilton Wilkes), née à Tokyo, Anglaise naturalisée Américaine et Française, vit aujourd'hui à Paris et, à l'âge vénérable de 103 ans (si, si), elle est encore magnifique !!

america
(le Mois Américain 2019 sur le blog)