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Today, welcome to the dark side of England...

Téléfilm "Le chien des Baskerville" (1988) avec Jeremy Brett
(disponible - en français - ici)

Quand j'étais jeune et que je regardais parfois la télé, c'est sous les traits de Jeremy Brett (né en 1933 dans le Warwickshire, études à Eton, chorale du collège, école de théâtre à Londres, mort en 1995 après un veuvage terrible), que j'ai d'abord découvert Sherlock Holmes. Et ça m'a fait drôlement plaisir de retrouver le "bébé" de Sir Athur Conan Doyle dans cette vidéo vintage !

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Holmes et Watson, représentants inégalés de la raison pure et de la déduction scientifique, se retrouvent aux prises avec une malédiction vieille de deux siècles et touchant la famille Baskerville : un monstrueux chien fantôme menace la vie des descendants de Hugo Baskerville depuis que cet ancêtre a, un jour, molesté et poursuivi une jeune fille sur la lande... En cette fin de XIXe siècle, Sir Charles Baskerville, le châtelain actuel, est mort à son tour, devant son grand manoir isolé ; de larges empreintes de pattes à côté de lui. L'esprit cartésien de Holmes vacille : il envoie Watson escorter Henry Baskerville, le dernier héritier de la famille, qui veut s'installer au château et dont Holmes croit la vie en danger. Au programme, un couple de domestiques apeurés, un forçat assassin évadé de prison, un Watson pour une fois sur le devant de la scène, des faux-semblants...
Je me rappelle avoir lu le roman lorsque j'étais ado mais je n'en ai gardé que peu de souvenirs. Ce fut donc l'occasion de "relire" cette célèbre histoire, sur fond de grondements, de brouillard et de marais, dans une interprétation des plus sobres et des plus efficaces.

Le-Gristiti

Benji Davies, Le Gristiti

"Tu ne le vois pas, quand le Gristiti se glisse chez toi..."

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De l'auteur-illustrateur anglais Benji Davies, on adorait déjà la série des Pompon l'Ourson, que William connaît bien depuis qu'il est tout petit (des ouvrages cartonnés inusables, parfaits "pour les petits doigts") ! Là, on a craqué pour Le Gristiti, paru fin 2018. Dans un quartier populaire de Londres, à la fin du XIXe siècle, une curieuse petite chanson flotte dans l'air et un policier a fort à faire car on déplore la disparition de diverses affaires... Mais où se trouve donc ce légendaire Gristiti ? Que veut-il ? Que prépare-t-il dans l'ombre ? Et surtout est-il aussi terrible que ce que l'on dit ? ;-) Un très joli ouvrage au dessin malicieux et aux couleurs choisies.
34 pages

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Linda Newbery, De pierre et de cendre 

Eté 1898. Un jeune peintre de 22 ans, Samuel Godwin, vient d'être engagé comme professeur de dessin par le séduisant, charismatique et très riche Ernest Farrow, veuf depuis un an et demi : Godwin sera le nouveau précepteur de ses deux filles, la très digne et respectable Juliana, 19 ans, et la fantasque et libre Marianne, 16 ans. La famille vit à Fourwinds, une magnifique maison à la fois authentique et audacieuse, pourtant nul ne semble être heureux entre ces murs : depuis l'énigmatique décès de Mrs Farrow et le renvoi brutal du sculpteur de génie chargé des ornements de la propriété, les apparences sont sauvegardées mais rien ne semble tourner rond. La précédente gouvernante a, elle aussi, été remerciée plusieurs mois auparavant, dans des circonstances tout aussi mystérieuses et elle s'est vue remplacer par l'austère et distante Miss Charlotte Agnew, 23 ans, en charge des filles à l'arrivée de Samuel. Quels secrets hantent donc Fourwinds ?

Deux points de vue alternent, celui de Charlotte la gouvernante ainsi que celui de Godwin (une notice du Times datée de 1941 présente, en fin d'ouvrage, le peintre Samuel Godwin comme ayant réellement existé mais je n'ai rien trouvé de probant sur Internet : si c'est une mystification de l'auteure, je la salue) en laissant parfois place à des lettres qui s'intègrent parfaitement dans l'intrigue. L'histoire est maîtrisée, les rebondissements réussis, les révélations saisissantes, le style très victorien (parfois même un peu trop lisse, un poil trop "parfait") : bref, à lire. J'ai bien fait de suivre la suggestion de Myrtille. ;-)
378 pages

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Hannah Richell, Les secrets de Cloudesley

De nos jours. Maggie, 26 ans, doit rentrer en urgence d'Australie, où elle s'était exilée depuis un an, suite à une douloureuse prise de conscience sentimentale. En effet, celle qu'elle a toujours appelée sa grand-mère, Lillian, a fait un séjour à l'hôpital et, à 86 ans, ne peut désormais plus habiter seule son immense demeure fin XIXe, au coeur de la campagne du Buckinghamshire. Rattrapée par l'âge autant que par les souvenirs (en particulier ceux de l'été 1955, alors qu'elle s'était récemment mariée au richissime et glacial Charles Oberon, héritier de Cloudesley, veuf et père d'un petit garçon de 8 ans très introverti), la vieille dame demande à sa Maggie de sauver à tout prix le domaine familial. Pourquoi donc cette requête si Lillian n'y a jamais été heureuse, entre un époux terrifiant, des douleurs secrètes toujours vives malgré les années, des paons arpentant pelouses et bois alors qu'on dit qu'ils portent malheur ? Mais ce que Maggie ignore, ce sont les promesses que son aïeule a faites à l'époque et surtout que, durant ce fameux été 1955, elle a aimé un peintre engagé par Charles pour repeindre une nursery qui ne servirait plus jamais... Devant faire face à ses propres démons et à ses propres erreurs, la jeune femme soutiendra Lillian jusqu'au bout et finira par faire se rejoindre le passé et le présent... Mais ne sera-t-il pas trop tard ?

Ce roman dramatique, sur fond de sombres secrets familiaux, de belles demeures, de majordome dévoué, de considérations artistiques et d'élégantes soirées vintage, est parfaitement orchestré : l'intrigue m'a paru intelligemment menée, les personnages convaincants et j'ai littéralement dévoré ce livre ! J'ai beaucoup aimé cette lecture vue chez Bianca et il ne lui aura manqué au final qu'un peu plus d'originalité pour accéder au rang de coup de coeur (et puis, dans la vraie vie, j'ai une peur bleue des paons depuis qu'un spécimen m'a attaquée lorsque j'étais petite ;-p).
362 pages

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💗 Elly Griffiths, Le journal de Claire Cassidy

"L'enfer est vide. Tous les démons sont ici."

Talgarth High est un collège anglais du Sussex, aujourd'hui constitué de deux bâtiments. L'un est moderne et ressemble à tous les autres établissements scolaires actuels ; l'autre n'a pas changé depuis la moitié du XIXe siècle (et la vieille bibliothèque fait carrément rêver) : cette aile, autrefois nommée Holland House, abrite encore les anciens logement et bureau de R(oland) M(ontgomery) Holland, un écrivain (fictif) gothique de l'époque victorienne, notamment connu pour sa nouvelle fantastique L'Inconnu. Claire Cassidy, 45 ans, grande et distinguée, enseigne la littérature anglaise à Talgarth et se pose en spécialiste de R.M. Holland : elle fait d'ailleurs étudier L'Inconnu aux adultes qui suivent son atelier d'écriture pendant les vacances. Divorcée, elle habite un cottage aussi élégant qu'elle à la sortie de la ville, avec sa fille de 15 ans, Georgie, écrivain en herbe et en secret.
Lorsque Ella, l'une des collègues profs d'anglais de Claire, une de se proches amies même, est retrouvée assassinée, tout le monde est en émoi à Talgarth. Claire intéresse tout particulièrement le lieutenant chargé de l'enquête, 
Harbinder Kaur, 35 ans, d'origine indienne, gay, retournée vivre chez ses adorables parents et dotée d'un caractère en acier trempé (quel personnage haut en couleurs !) : en effet, la façon dont le meurtre a été mis en scène fait écho à l'oeuvre-phare de Holland !

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Claire, Georgie, Harbinder : trois points de vue de femmes s'entremêlent habilement pour tisser une intrigue originale, soutenue, passionnante, servie par des personnages travaillés et convaincants. De la province à la capitale, en passant par Cambridge et jusqu'en Ecosse, non loin d'Inverness (très brièvement), on croise tour à tour de grands écrivains, des esprits, des sorcières et des gens comme les autres. La réalité (Wilkie Collins, le cadre scolaire et universitaire qui m'a fait songer au film "Possession" avec Gwyneth Paltrow, les familles recomposées, les plats indiens de la famille Kaur - clin d'oeil à Des Livres (et des Ecrans) en Cuisine et aux Etapes Indiennes de Hilde et Blandine : curry indien, agneau pasanda, chapatis et riz, poulet tikka masala) côtoie la fiction (R.M. Holland) et même le surnaturel, vous l'aurez compris. Certes, la résolution finale m'a paru un tantinet fade, un poil faiblarde par rapport au reste de l'intrigue, flamboyante et enlevée, mais franchement, je n'en tiendrai pas rigueur à l'auteure car je me suis vraiment régalée avec ce polar de caractère !
474 pages

Logoe
British Mysteries chez Lou ~ chez Hilde (billet 2021 n°9).
En juin, c'est le Mois Anglais chez Lou, Cryssilda et Titine (billet 2021 n°6).
Fêtons toute l'année les 10 ans du Mois Anglais avec LouCryssilda et Titine ! (billet n°9)

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Les étapes indiennes 2021, billet n°1 (chez Hilde - chez Blandine)