Et si aujourd'hui, avec ce dernier billet "USA" de la rentrée,
nous nous envolions pour New York ?

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(Remember mon tout premier billet-bouquet sur NYC, par ici.)

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(N.B. La majeure partie des billets qui paraissent actuellement a été rédigée durant l'été.
Vu le rythme du moment, c'était plutôt une bonne idée. ;-D
Toutefois, 3 des 4 chroniques ci-dessous datent d'il y a moins de 15 jours, yahou !)

 ðŸ’— Melanie Benjamin, Les Cygnes de la Cinquième Avenue
(1955-1984)

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Dans ce roman qui flirte avec la docu-fiction, on assiste aux débuts, à l'apogée puis au déclin de l'écrivain Truman Capote (1924-1984), entre 1955 et 1984. Lorsque ce petit bonhomme extravagant et gentiment prétentieux quitte l'Alabama afin de gagner New York, il croit rêver... (pour sa relation compliquée et décevante avec sa mère puis pour ses années heureuses auprès de son amie d'enfance Nelle Harper Lee - l'auteure de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - et de sa grande cousine Sook, voir le récit autobiographique Un Noël et le film "A Christmas memory")

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Capote et Harper Lee : une amitié qui traversa les années et survécut aux (nombreuses) frasques de l'écrivain.

Très vite, il se trouve intégré à la haute société des années 50-60, en particulier au groupe de "Cygnes" qui va vite l'entourer et le choyer : ces femmes célèbres, merveilleusement belles et élégantes, sont toutes mariées à de riches hommes d'affaires qui font la pluie et le beau temps à NYC, mais la meilleure amie, l'âme-soeur de Truman, par ailleurs homosexuel, c'est Barbara "Babe" Cushing Mortimer Paley, icône de la mode et épouse du fondateur de CBS. Week-ends au bord de la mer, étés sur les yachts des uns et des autres, déjeuners dans les restaurants les plus courus, bals et soirées en tous genres, potins... Truman écrit Petit-déjeuner chez Tiffany... Puis De sang-froid... Et puis, plus rien... Jusqu'à cette nouvelle qui fait tout basculer en 1975, un texte dans lequel il dévoile à demi-mots les secrets les plus "indévoilables" de ses célèbres amies. Les portes se ferment, les téléphones sonnent dans le vide, la maladie, l'alcool et l'errance sentimentale s'invitent dans le tableau...

Babe

Un serveur s'approcha de Betsey (les 3 soeurs Cushing prennent le thé ensemble chaque semaine, au Plaza, en l'honneur de leur mère qui tenait tant à faire d'elles de sublimes épouses "Sois belle et tais-toi"). Il lui tendit un menu magnifiquement imprimé qu'elle repoussa d'un geste de la main : "Champagne et thé Darjeeling. Un assortiment de petits sandwiches et de pâtisseries, mais sans gâteau de Savoie - je ne supporte pas le gâteau de Savoie. Et sans oignon sur les sandwiches."

Cette époque et ces vies fascinantes m'ont tout simplement transportée ! A travers les arts, d'abord (puisque l'on croise, entre autres et en vrac, Edith Wharton, JD Salinger, Hemingway, Frank Sinatra, Wallis de Windsor, la princesse Margaret, Jackie Kennedy et sa soeur Lee, le peintre Diego Riviera, le photographe Cecil Beaton, Marilyn Monroe, Cary Grant, Lauren Bacall, Clark Gable, Marlon Brando, une toute jeune Maggie Smith). Puis à travers le chic et le bon goût d'un temps désormais lointain. Enfin, à travers l'histoire des USA. Une lecture aussi riche que passionnante.
476 pages

Didier Decoin, John l'Enfer
(1976-1977)

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1976-77. Le Cheyenne John l'Enfer défie la pesanteur et lave les vitres des buildings de New York : il est l'un des meilleurs dans son domaine et a l'habitude de regarder ce qui se passe de l'autre côté du verre, dans les appartements, les salles de réunions, les laboratoires (ah, la scène du python !). S'il possède une chambre dans le Queens, il aime surtout retrouver le calme et les embruns, dans une improbable bicoque en bois qu'il habite à Long Island.

"Vue de tout là-haut, dit John l'Enfer, cette ville a pas mal de gueule. Enfin, je l'aime, moi. Quand le soir tombe, et qu'on voit des choses et des gens, et même des bateaux, qui se reflètent sur les vitres. Naturellement, pour ça, il faut que les vitres soient propres."

Un jour, il rencontre deux personnes dans l'hôpital dont il nettoie les carreaux : Dorothy, une séduisante universitaire devenue provisoirement aveugle suite à un accident, et Ashton, navigateur polonais frappé d'une appendicite juste avant un appareillage. Quand la jeune femme est autorisée à sortir, John l'invite à séjournez chez lui, à Long Island. Ashton l'y mène et y reste, lui aussi.

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Le roman suit ce trio inattendu, alors que la ville tentaculaire semble lentement sombrer dans une forme de maladie étrange : immeubles qui se vident de ses habitants à Manhattan, explosions, mini-tornades, maisons de Brooklyn et de banlieue qui partent en poussière, violence urbaine, chiens qui fuient en masse vers les montagnes pour fondre ensuite sur le centre-ville !

L'Indien est sûr que la ville a mal quelque part, il le devine dans ses borborygmes, éructations, râles divers.

Si l'ensemble ne m'a pas complètement convaincue (les digressions sur le passé de certains protagonistes m'ont moyennement intéressée), je dois reconnaître que Didier Decoin écrit bien et qu'il sait créer une atmosphère. Cette ambiance sombre, énigmatique... Et ce personnage éponyme, rude, fort, authentique, intransigeant et touchant à la fois... Une découverte faite grâce à un article de La Jument Verte.
319 pages

Le film "Very bad cops" (2010)
avec Will Ferrell, Mark Wahlberg, Eva Mendes, Michael Keaton, Dwayne Johnson...

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Lorsque les 2 meilleurs policiers de New York (Samuel L. Jackson et Dwayne Johnson) meurent "tragiquement", la Grande Pomme perd ses 2 coqueluches (en vérité, des mecs abjects). Allen Gamble, juricomptable, et son partenaire Terry Hoitz, un détective mis au rancart, se disent alors qu'il y a un créneau à prendre et se lancent dans une enquête en laquelle personne ne croit... au début.

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La visée critique du scénario comme des dialogues ne nous a pas échappé. Quant au duo d'acteurs, il fonctionne à merveille et nous offre un paquet de scènes loufoques grandioses (même si c'est un humour particulier mais nous, on aime) ! :-) D'ailleurs, on avait déjà adoré le tandem Ferrell / Wahlberg dans "Daddy's home" et "Daddy's home 2", en juillet : DEUX COMEDIES HAUTEMENT RECOMMANDABLES !
Le bonus : une belle quantité de scènes gourmandes (hot-dogs, repas chez Allen concoctés par sa sublime épouse - Eva Mendes), resto chinois...

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Le film "Ruth & Alex" (2014)
avec Diane Keaton, Morgan Freeman, Cynthia Nixon...

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(bande-annonce)

Ruth, enseignante à la retraite, et son époux peintre (ainsi que leur petite chienne vieillissante, Dorothy) habitent depuis 40 ans un charmant appart (qui rappelle celui de Meg Ryan dans "Voux avez un mess@ge") au coeur de Brooklyn. Ils aiment leur quartier, leurs voisins, leur nid douillet, clair et rempli de souvenirs.

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Mais ils doivent se rendre à l'évidence : l'absence d'ascenseur, à leur âge, va bientôt devenir un véritable problème ! Lilly (Cynthia Nixon de "Sex & the City"), la nièce agent immobilier et hyper-active de Ruth, prend en charge la vente de leur bien. Deux jours de folie commencent, entre portes ouvertes, caprices d'inconnus extravagants, coups de téléphone, offres, contre-propositions, révélations poignantes, visites pour un nouvel appartement à acheter...

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L'occasion pour Ruth et Alex de remonter le temps et de se remémorer les grandes étapes de leur vie de couple, les grandes joies comme les grands regrets. Un film "feel good" très doux, tranquille, serein, porté par 3 excellents comédiens et qui célèbre la vie au coeur de NYC. Un film automnal très agréable sur le bonheur, sans pour autant être le film du siècle...

Enfin, durant les prochains jours, je me plongerai dans un guide officiel que j'ai offert cet été
à ma copine Céline - et qu'elle m'a récemment prêté pour que je le découvre à mon tour :
Friends forever : Celui qui a vu tous les épisodes.

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Nous sommes toutes les 2 de grandes fans de la série,
alors je pense que, comme elle, je vais me régaler ! :-)

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(billet 2021 n°21)