C❄️uc❄️u  !

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Il y a peu, on a vu avec William "The Journey Home", un film dans lequel un ado (à l'écran, le fils de Bridget Moynahan)
tente par tous les moyens de ramener un bébé ours polaire auprès de sa mère (bande-annonce).

Depuis 2 ans, j'aime lire en décalé et proposer une chronique à contre-courant en plein printemps/été :
     ~ (août 2021) Aventures et voyages livresques de mon mois d'août (dont romans du froid),
     ~ (juillet 2021) Condensé des 4 saisons,
     ~ (mai 2021) Deux Noëls "feel good" en Ecosse,
     ~ (juillet 2020) Quelques flocons (glaçons ?) sur notre été...

Voici donc mon bilan réfrigérant du moment !
(sans compter les albums hivernaux de la médiathèque qu'on dévore en ce moment, en prévision de décembre ^_^)

~ en images ~

Cette année, j'ajoute même une courte capsule-vidéo pour vous parler de mes 2 dernières lectures en date sur ce thème (à retrouver par écrit ci-dessous), tout en vous emmenant en vacances en altitude (ce qui englobe une seconde escapade italienne, cette fois du côté de Coni/Cuneo via le Col de l'Arche, avec mon uomo et notre bambino ;-p) !

~ place aux livres ! ~

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Jean Proal, Où souffle la lombarde (lu fin octobre 2021 : si, si...)

Ce roman publié en 1943 raconte la vie de Jean Chabran, né tout en haut, dans la montagne, dans un hameau qui ne voit le soleil que 2 mois dans l'année. La vie et les gens y sont rudes, les parents vivent chichement sur une terre inhospitalière, mais le père rêve d'un ailleurs pour son fils aîné... jusqu'à ce que sa petite soeur, Marie-Noëlle, devienne quasiment infirme. Très proche de sa frangine, Jean refusera de repartir aux études à la mort de ses parents. Il restera aux Essarts-Dessus pendant 10 ans. Il survivra même à une terrible tempête de neige, alors qu'il était parti braconner (un passage très réussi). Jusqu'à ce que, à 30 ans, il parte enfin vers le sud, là où se trouvent la lumière, la chaleur et l'espoir. Un espoir, vraiment ?

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Les 50 premières pages m'ont subjuguée par la beauté du style, acéré, mesuré, la beauté des décors et des caractères (Proal fut l'ami de Giono et d'Aragon). Et puis, à partir du moment où Jean descend de sa montagne, le charme a moins opéré ; j'ai lu la seconde moitié du livre en diagonale, assez pour en saisir toute l'impitoyable noirceur. Une rencontre en demi-teinte, donc. Merci, cependant, à ma collègue Françoise pour le prêt ! ^_^
167 pages

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 ðŸ’ Paolo Cognetti, Les Huit Montagnes

Il n'y a rien de mieux que la montagne pour se souvenir.

Pietro est un enfant de la ville dont les parents ont pourtant quitté leurs montagnes respectives pour emménager à Milan. Mais les sommets les appellent toujours tous 2, de 2 façons bien distinctes ; les sommets font en effet partie intégrante de leur passé commun.
Lorsque Pietro a 11 ans, ses parents commencent à louer périodiquement, pour l'été, une maison à Grana, un hameau isolé au coeur du Val d'Aoste : le père ne jure que par la marche et grimpe chaque année un sommet de 4000 mètres. Il aimerait d'ailleurs que son fils et sa femme (qui préfère aux nuits en refuge les livres et sa vocation d'assistante sociale) le suivent davantage... Et puis Pietro rencontre Bruno, un gamin du cru qui garde les chèvres de son oncle ; ils se reverront chaque été jusqu'à leurs 16 ans. A partir des années 80, le roman retrace la relation de Pietro avec sa véritable famille (et notamment avec son père) et avec sa famille choisie, Bruno puis, en son temps, Lara et Anita.

Des glaciers italiens au Népal et à l'Himalaya, son parcours est touchant ; les personnages sont admirablement bien croqués ; et j'ai beaucoup apprécié le style sobre, simple mais vrai. Un récit bâti chapitre après chapitre, comme la maison à flanc de rocher, à 2500 mètres d'altitude. Une belle histoire d'amitié et de réconciliation, avec son propre sang et avec soi-même, au sein de laquelle la montagne elle-même occupe un rôle-clé. Merci, Choco-Mum, pour le prêt ! ^_^
Et, pour une fois, ce sera un coup de coeur rétrospectif car je l'ai lu en avril mais, en relisant mes notes et en constatant que mes souvenirs sont encore très vifs, je me rends compte que j'ai vraiment adoré.
284 pages

Instants gourmands "rustiqu'authentiques" :
△ Bruno tailla en pointe deux bouts de bois avec son canif. Il sortit un morceau de saucisse de son sac, la coupa en tranches, les enfila sur ses brochettes et les mit à rôtir. Il avait aussi pris du pain, une miche noire dont il fit deux grosses tranches, et m'en tendit une.
△ Il coupait un morceau de pain et une tranche de tomme avec son couteau. Sa tomate, il la mangeait comme ça, sans sel ni rien, en observant le chantier et pensant au travail qui nous attendait.
△ Pendant cette période, je cuisinai les pommes de terre de toutes les façons possibles et imaginables. Bouillies, rôties, braisées, frites dans le beurre, cuites au four avec la tomme, approchant la bougie du plat pour contrôler la cuisson. Nous les mangions en dix minutes, et avions ensuite deux ou trois autres heures de veille silencieuse à tirer.

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 ðŸ’ Allie Reynolds, Hors-piste

Je leur ai caché la vérité... Personne ne doit jamais savoir. (couverture)
It started as a reunion. It ended with murder. (V.O.)

Dans les Alpes françaises, juste avant le début de la saison d'hiver, 5 anciens amis (et rivaux : Milla la narratrice, Heather, Dale, Curtis, Brent), excellents snowboardeurs anglais, se retrouvent dans un grand complexe-refuge de haute-montagne pour passer un week-end ensemble et partager leurs souvenirs d'il y a 10 ans, alors qu'ils se voyaient à cet endroit tous les jours et se préparaient ensemble pour un grand championnat.

△ PASSE : La femme en tablier nous apporte des assiettes de tartiflette. Du fromage fondant, un peu acide, des pommes de terre moelleuses comme du beurre.

△ PRESENT : Deux casseroles sont posées sur une plaque immense. Je soulève les couvercles. De la viande en sauce dans l'une, de la purée dans l'autre. Encore chaud. Notre dîner, peut-être ? Mais où est le personnel ? 

Attention cependant, on est loin du mélo et de la douce nostalgie : 10 ans plus tôt, un drame (avec plusieurs dommages collatéraux) s'est produit dans la montagne, quand l'une des leurs, Saskia, jeune femme à la personnalité euh... difficile à cerner..., a disparu sur le glacier. Depuis, ils n'en ont jamais reparlé. L'occasion leur est offerte d'enfin connaître et/ou de faire surgir la vérité. Très vite, toutefois, les protagonistes comprennent qu'ils sont coupés du monde : les retrouvailles tournent au cauchemar et le passé refait surface. Une première question se pose : qui donc, en réalité, a bien pu organiser cette escapade diabolique ?

Wow, un vrai page-turner glacé et glaçant, dévoré en 4 jours à peine ! Ravie d'avoir trouvé cet ouvrage à la médiathèque (je l'avais repéré sur le blog Ma bibli Ô livres), j'ai adoré suivre les personnages dans le présent comme dans le passé, j'ai aimé m'élancer dans le labyrinthe de leurs relations, j'ai tremblé, sursauté, trouvé la solution avant eux (* petite danse de la victoire *) et réalisé un paquet de "tricks" (figures) au coeur de vertigineux "half-pipes" (l'auteure est elle-même une ancienne championne de snowboard). Le suspense est à son comble, entre les coupures d'électricité, les crevasses dissimulées, les blessures, la tempête de neige, les fausses pistes (sans jeu de mots, hum ;-p). Bref, un excellent thriller, diablement efficace et enneigé !
425 pages

Boreal

Sonja Delzongle, Boréal

Je ne connaissais pas du tout cette auteure lyonnaise mais ce roman, prenant place dans une base scientifique au Groenland, m'a tendu les bras sur la page internet de notre médiathèque !
Un Danois, une Anglaise, une Japonaise, un Français, un cuisinier Réunionnais, deux Norvégiens... Telle est l'équipe n°2 rassemblée, en pleine nuit polaire, à la base Arctica. Ils ignorent que, 3 semaines plus tard, seuls 2 d'entre eux seront toujours vivants. Ou plutôt des survivants. Luv Svendsen, spécialiste dans les hécatombes inexpliquées d'animaux, la quarantaine, un bébé tout neuf pour recommencer après avoir abandonné une première fille à 16 ans, en fera-t-elle partie ?
Mille boeufs musqués prisonniers sous la glace, un Homme-Ours légendaire, des loups à l'affût, des statues de pierre, la menace d'un tremblement de glaces, des tempêtes de neige, le souvenir d'un accident aérien nucléaire vieux de 50 ans et d'un village disparu, l'isolement extrême, des personnalités instables et même du cannibalisme : il vous faudra avoir le coeur bien accroché pour résister à ce froid, à cette nuit et à ces morts glacés... !

△  Mouni s'affaire déjà en cuisine pour préparer le déjeuner. Cette fois, ce sera du poisson au gingembre et citrons confits.
△  Au menu, le chef a prévu du saumon aux épices et aux myrtilles séchées accompagnées de céréales.
△  En leur absence, l'Indien a préparé du poulet tandoori et des galettes que personne ne semble apprécier à sa juste valeur.

J'ai adoré la première moitié du roman, sous tension permanente, aussi bien environnementale que sociologique. Ensuite, mon intérêt s'est un petit peu émoussé, m'incitant à sauter quelques paragraphes par-ci par-là. Ce fut malgré tout une bonne lecture pour frémir, un très honnête polar à la fois écologique et anthropologique.
441 pages

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Nicolas Beuglet, Le Cri (audiobook)

Tout commence un petit matin d'hiver, à Oslo. Sous la neige, sous les larmes nées d'une rupture amoureuse et d'un grand regret personnel, l'inspectrice Sarah Geringen, début de la trentaine, très séduisante, ancienne militaire des forces spéciales, reçoit un appel : une mort particulièrement bizarre vient de se produire à l'hôpital psychiatrique de Gaustad. La victime est un patient anonyme, simplement marqué du chiffre 488 sur le front et qui n'a reçu aucune visite en 36 ans d'internement !! Seuls signes particuliers révélés par les employés : d'étranges dessins répétés à l'infini sur les murs de sa cellule et ce cri... !!! Un cri que le patient poussait chaque jour, insupportable, terrifiant, comme venu des entrailles de l'Histoire et de l'Humanité... Quand le directeur de Gaustad provoque volontairement la destruction du bâtiment, Sarah n'a plus de doute : quelque chose d'énorme se jouait là. Mais quels secrets ces murs dissimulaient-ils ? Son enquête la conduira jusqu'en France, où elle s'associera à un reporter français, lui aussi intimement mêlé à cette étrange et tentaculaire affaire, puis en Angleterre et même sur une île isolée de l'Atlantique sud. 

Religion, foi, cosmologie, anthropologie, neuro-sciences, contrôle des esprits... L'intrigue, d'abord simple en apparence, prend vite un tour absolument vertigineux et captivant, digne des meilleurs opus de Dan Brown ! Dans la version audio, qui m'aura accompagnée au travail durant des semaines en juin-juillet, la voix d'Olivier Prémel est, de plus, extra : il varie admirablement les intonations pour interpréter les divers personnages. Pour conclure, on n'est pas loin du coup de peur coeur.
Durée : 14 heures environ.

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Laurine Roux, Le Sanctuaire

Gemma, sa soeur aînée June et leurs parents vivent isolés au fond d'une vallée, délimitée par la montagne d'un côté et une vieille mine abandonnée (et possiblement hantée) de l'autre. Leur cabane en bois et les arbres qui la protègent leur tiennent lieu de refuge depuis qu'un virus a apparemment décimé la population, la menace semblant venir des oiseaux. Arcs, flèches, fusils, lance-flammes : la famille est armée pour lutter contre tous les volatiles et obéit aux lois imposées par le père de famille, le seul à quitter parfois le Sanctuaire pour rapporter divers objets et produits, fruits de ses rapines. La vie est dure, les souvenirs d'avant aussi beaux que douloureux. Un jour, pourtant, Gemma entend les cris d'un aigle immense et se trouve irrésistiblement attirée par lui... A partir de là, tout vacille...

△ AVANT - Papier blanc, papier brun. Du pain, des petits fromages ronds, une grappe de raisins, parfois des huîtres.

△ PRESENT - Le ragoût d'épinards mijote sur le poêle ; plutôt un bouillon à la surface duquel surnagent des feuilles molles.

J'ai trouvé très bien écrit ce court roman rédigé par une professeure de français d'un département (très) voisin du nôtre (son collège se trouve à 40 km du mien !) et qui me rappelle beaucoup Dans la forêt de Jean Hegland. Le style est intense, ciselé ; les personnages, forts et entiers ; la fin (un peu) prévisible mais l'ensemble est soigné et intéressant. Merci, Choco-Mum, pour la découverte ! ^_^
141 pages

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Li Lamarre & Odile Santi, Neigeline

Ce bel album (découvert à la médiathèque, comme très souvent) raconte, sobrement mais avec de très belles illustrations, la destinée d'un flocon nommé Neigeline qui rêve, un été, de quitter son sommet aux neiges éternelles et de dévaler tout en bas, jusqu'à la vallée et jusqu'à devenir une goutte d'eau dans un majestueux lac de montagne...

Sans titre 3

C'est bien connu : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Une jolie leçon de choses et de vie, tout simplement.
48 pages

2022
(billet 2022 n°25)

A très bient❄️t !