Mary Lawson, "Un hiver long et rude"

Je poursuis avec une autre lecture absolument pas de saison, repérée chez Margaud Liseuse (et commentée plus tôt par Milly) il y a quelque temps et trouvée par hasard à la médiathèque. Un roman doux-amer prenant place dans les années 1960 et jouant brillamment avec la chronologie des événéments racontés.
Dans l'Ontario, au nord du Canada, on découvre la famille Cartwright : les parents, lui très cérébral, érudit, directeur de banque aimant se plonger dans les livres et qui semble ne rien avoir choisi dans sa vie, elle paraissant heureuse uniquement avec un nourrisson accroché à elle, et leurs 9 enfants, dont 8 sont en vie. Dans leur petite ville, on trouve les figures emblématiques de l'Amérique du Nord : un révérend, la serveuse du diner Harper's (une part de tarte avec de la crème glacée ?), la bibliothécaire sympa... Tom, l'aîné des enfants Cartwright, conduit le chasse-neige du coin alors qu'il a un diplôme d'ingénieur en aéronautique ; Megan, 21 ans, ne rêve que d'une chose : quitter ce patelin et cette petite vie étriquée pour tenter sa chance à Londres. Quelles sont les réelles motivations de chacun ? C'est ce que l'histoire dévoile peu à peu, pas à pas, en alternant les points de vue de façon intéressante.

On ne peut pas dire qu'il se passe grand-chose dans ce récit lent et tout en retenue, et pourtant, je ne me suis pas ennuyée un instant. Le quotidien, les regrets, les petits et grands soucis, le passé, l'avenir, l'espoir... L'un dans l'autre, j'ai vraiment bien aimé cette chronique familiale enneigée, avec orignal sur la route, luge pour porter les courses et tarte aux myrtilles au Harper's.
490 pages (encore une édition en gros caractères)
