Sans titre 8

J'espérais lire ce récit suédois (mais rédigé en Nouvelle-Zélande) depuis des mois : comme quoi tout finit par arriver ! ^_^

Suède, mars 2003. Au cœur d'un paysage enneigé et dans la lueur des phares de sa voiture, Veronika, une romancière de bientôt 31 ans, s'installe dans la vieille maison qu'elle a louée, en dehors d'un petit village de campagne. Si elle est là, c'est pour écrire un livre et pour retrouver la paix après la perte d'un être cher. En face de chez elle, de l'autre côté du pré blanc, dans une immense bâtisse ancienne, vit Astrid, 80 ans passés. Solitaire, n'attendant plus rien de la vie, elle se tient emmurée dans un étrange silence. Les deux femmes vont finir par lier connaissance et, de promenades en baignades, de dîners à la bougie en échange de souvenirs, deviendront amies.

Elle en était venue à chérir ces débuts de journée sur le perron. Chaque matin marquait un nouveau départ, ouvrait une page blanche. Et chaque jour la portait un peu plus près de la surface, dans une lumière grandissante.

Une très jolie leçon d'humanité (en ce 7 février, un mois après), qui tresse le passé avec le présent, et dans laquelle des moments pleins d'espoir alternent avec des expériences profondément dures et tristes. Au début, j'ai trouvé Astrid très égocentrique, toujours en train de tout rapporter à elle-même, et Veronika assez effacée... Et puis j'ai aimé voir évoluer la relation entre les deux héroïnes, observer comment elles vont peu à peu s'apprivoiser et s'entraider. J'ai été sensible à la simplicité de leurs actes, de leurs petites habitudes et de leurs mots.

Les bonnes choses passent parfois inaperçues. Rien ne nous arrive tout entier. C'est ce que nous faisons de ce que nous trouvons en chemin qui détermine l'issue.

L'importance de la nature, dans cette campagne bienveillante, ainsi que la place de la nourriture scandinave (des crêpes, des gaufres, des écrevisses, du pain de seigle avec du fromage, des harengs fumés, du gâteau de viande) m'ont également séduite.
Ce roman très bien écrit, jamais larmoyant, toujours mesuré, au titre anglais magnifique, traverse les quatre saisons et forme une boucle d'une année : bref, un beau livre sur la vie, le souvenir, l'amour, et que je suis ravie d'avoir enfin découvert.
A noter : une partie de l'ouvrage se déroule au Japon, en particulier à Tokyo ; cet interlude asiatique m'a plu.
Les billets (tentateurs) de MillyRoseMya RosaEmma.
271 pages