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Dans ce récit repéré chez Pedro Pan Rabbit, Nathalie Salmon relate le destin et le rôle de son aïeul, Adolphe Salmon (1835-1898), "self-made man" français (né en Lorraine alors il aurait pu être allemand aussi, lorsque la région fut annexée) naturalisé américain, qui a secondé Laboulaye et Bartholdi dans le colossal projet que fut l'édification de la Statue de la Liberté : ce gigantesque cadeau fait par les Français à leurs cousins d'outre-Atlantique. Ce projet né en 1865, le négociant Salmon l'a accompagné jusqu'au bout, en s'occupant de son financement, de sa création, de sa promotion, de son transport, de son implantation : il fut présent à toutes les étapes auprès de Bartholdi qu'il considérait comme l'un de ses frères.
Plus important encore, c'est Adolphe Salmon qui présenta à l'artiste celle qui prêta son visage à la statue la plus célèbre du monde : Sarah, sa fiancée, veuve avec deux filles, et dont le défunt mari était un ami intime de Salmon. Trônant dans le port de New-York, accueillant les millions d'émigrés venus chercher l'espoir d'une vie meilleure en Amérique, Sarah qu'il aimait tant accéda ainsi à l'immortalité...

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(l'ouvrage servant de base à ce roman : portrait de Sarah Salmon)

Une belle histoire d'amour qui traverse le temps : de l'Indépendance des Etats-Unis avec le rôle majeur joué par La Fayette jusqu'à la réouverture de l'Affaire Dreyfus, c'est près de 120 ans que l'on traverse dans ces pages. Salmon lui-même en est le narrateur par-delà les cieux, omniscient, et si le ton est parfois un peu trop pédagogique pour un roman (on sent que l'auteure, très érudite, veut nous donner beaucoup d'informations sur un peu tout, ce qui donne un petit côté artificiel), le parcours de la famille Salmon et de toutes leurs relations est passionnant. J'ai par exemple aimé connaître la vie de Sarah, qui, toute jeune, a traversé le pays vers la Californie avec sa mère et ses soeurs : une équipée de 5 femmes dans un chariot, avec un fusil pour protecteur, ce n'est pas commun !

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J'ai aussi adoré croiser de grandes figures telles que Lincoln, Edison, les frères Goncourt, Manet, Hugo, Zola, Offenbach ; voir les premiers éclats de Broadway et de Wall Street ; assister à l'inauguration de Lady Liberty en 1886, à la construction des grands hôtels existant encore aujourd'hui dans la Grande Pomme, ou même celle du pont de Brooklyn. Entre New York, Los Angeles, Paris et la Bavière, j'ai fait là un voyage instructif et captivant, portée par un style agréable, ce qui ne gâche rien !

Elsie (la 2e fille de Sarah) s'éteint en 1961 à Bruxelles, plus de vingt ans après son mari. Son ultime recommandation : toujours prendre le bateau pour se rendre à New York "afin que maman vous salue à votre arrivée"...

305 pages

🎬 Quelques références (choisies) concernant la Statue de la Liberté 🎬

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L'arrivée à New York du tout jeune Vito, venu de Corleone en Sicile, dans "Le Parrain II" de Coppola.

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Le film d'animation culte de mon enfance : "Fievel et le Nouveau Monde" signé Don Bluth. Le souriceau Fievel rencontre le pigeon français Henri (hommage aux origines de la statue) - qui a la voix du regretté Gérard Rinaldi - dans la couronne de Lady Liberty.
♫ "Faut jamais dire jamais".

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La dame prend vie dans "Ghostbusters 2".

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Sandra Bullock défilant en Lady Liberty dans "Miss Détective".

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Dans "Benjamin Gates 2", Ben et Riley se rendent à Paris sur les traces de l'autre Statue de la Liberté, plus petite, et font largement référence à Laboulaye. Dommage, je n'ai trouvé aucune photo avec Guillaume Gallienne qui a un petit rôle, celui d'un agent municipal à vélo très sympa.

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