Le thĂšme du jour affichĂ© chez Titine est :  polar, roman noir, thriller.
Ca tombe bien : j'avais quelques références en stock ! :-)

Robert Bloch, Le boucher de Chicago (1974)

Sans titre 1

RepĂ©rĂ© chez Lou, ce court thriller historique s'inspire trĂšs largement de la triste vie de H.H. Holmes, de son vrai nom Herman Webster Mudget, considĂ©rĂ© comme le premier serial killer amĂ©ricain (1860-1896), officiellement coupable d'une vingtaine de meurtres mais il est possible que ce chiffre soit en rĂ©alitĂ© plus proche des 200 ! Dans ce roman, nous suivons G. Gordon Gregg Ă  partir de 1893 (ce qui correspond aux sinistres derniĂšres annĂ©es de la sinistre existence de ce sinistre individu). L'Exposition Universelle attire une foule de touristes Ă  Chicago et Gregg, Ă  coups d'escroqueries, a fait bĂątir un "chĂąteau" nĂ©o-gothique imposant, labyrinthique et intimidant, pour y installer sa pharmacie au rez-de-chaussĂ©e et une vingtaine de chambres d'hĂŽtel dans les Ă©tages (on comprend vite que les pauvres locataires ne ressortent pas tous vivants du bĂątiment). Crystal, jeune journaliste Ă©mancipĂ©e et avide de grands scoops, se lance, avec l'aval de son rĂ©dacteur en chef mais contre l'avis de son fiancĂ©, dans une pĂ©rilleuse enquĂȘte afin de dĂ©masquer Gregg et ses odieux crimes en sĂ©rie...

H

J'ai apprĂ©ciĂ© que l'auteur ne tombe jamais dans le sordide gratuit (et pourtant, vu les horreurs commises par Holmes, il y avait de la matiĂšre !) mais nous propose plutĂŽt un rĂ©cit haletant et efficace qui m'a permis de dĂ©couvrir toute cette macabre affaire (il faut dire que j'ai un faible pour les faits divers). J'ai Ă©galement lu avec intĂ©rĂȘt sa postface (pardon, sa "post-mortem"). Brrrr...
215 pages

Guillaume Musso, Central Park (2014)

Ă Lire1

New York, 8 heures, un matin d'automne. Alice, flic française de 38 ans, solitaire malgrĂ© elle et dĂ©terminĂ©e, qui hier encore buvait un verre avec de vieilles copines Ă  Paris, et Gabriel, pianiste de jazz amĂ©ricain qui hier encore jouait dans un pub de Temple Bar Ă  Dublin, se rĂ©veillent menottĂ©s l'un Ă  l'autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n'ont aucun souvenir de leur rencontre. Au fil des indices dĂ©nichĂ©s sur eux, ils se retrouvent entraĂźnĂ©s dans une enquĂȘte qui devait ĂȘtre close depuis longtemps pour Alice et qui ressurgit brutalement, douloureusement... 
Le parcours de cet improbable duo le long de la cÎte Nord-Est des Etats-Unis m'a happée ; je n'ai absolument pas vu venir les retournements de situation (et des révélations, ce polar grand public n'en manque pas !). Si j'ai été un peu a
gacĂ©e par l'hĂ©roĂŻne qui - et elle le reconnaĂźt elle-mĂȘme - tient peu compte des conseils et des sentiments des autres, agit de façon assez Ă©goĂŻste et croit que tout tourne autour d'elle, de ce qu'elle veut, de ce dont elle a besoin, je dois bien reconnaĂźtre que l'intrigue fonctionne (Musso sait vraiment y faire) et que l'Ă©motion Ă©tait au RDV : j'ai mĂȘme pleurĂ© Ă  2 ou 3 reprises.

Pour le cÎté "tourisme gourmand à l'américaine", j'ai sélectionné ces 2 extraits :

SituĂ© sur Madison Avenue, le Pergolese Cafe Ă©tait l'un des plus vieux diners de Manhattan. Il paraissait tout droit sorti des annĂ©es 1960. Si, de l'extĂ©rieur, l'estaminet ne payait pas de mine, il rĂ©galait ses nombreux habituĂ©s de salades croquantes, de hamburgers savoureux, d'oeufs Benedict ou de pastrami Ă  l'huile de truffe. Paolo Mancuso, le vieux propriĂ©taire, apporta lui-mĂȘme sur un plateau la commande que venaient de passer la jeune femme Ă  l'accent français et son compagnon : deux lobster rolls, deux cornets de frites maison et deux bouteilles de Budweiser.

Le lieu était divisé en deux. A droite, un "magasin général" traditionnel, au parquet de bois craquant et aux étagÚres à l'ancienne, proposait quantité de produits artisanaux : confitures, sirop d'érable, miel, brownies, whoopie pies, cheesecakes au potiron, toffee-bars... De l'autre cÎté, l'endroit était aménagé autour d'un gigantesque comptoir derriÚre lequel une matrone servait des omelettes, des oeufs au bacon et des hash browns arrosés de pintes d'une biÚre brassée maison. Gabriel commanda un club-sandwich toasté et Alice une soupe de palourdes.

Une lecture parfaite croquĂ©e Ă  la fin de cette Ă©prouvante annĂ©e scolaire 2019-20, Ă  un moment oĂč j'avais beaucoup de mal Ă  me concentrer (ce "livre-feuilleton" facile s'est donc rĂ©vĂ©lĂ© idĂ©al ^_^).
438 pages

Heather Young, Un Ă©tĂ© prĂšs du lac (2016)

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Tout début des années 2000. Justine, trentenaire et mÚre célibataire de 2 fillettes (l'aßnée, Mélanie, a 11 ans ; Angela est plus jeune), décide brutalement de quitter la douceur du climat de San Diego ainsi que son compagnon actuel, trop parfait, trop pointilleux, trop possessif, pour emmener ses filles dans sa vieille guimbarde, direction un coin reculé Minnesota : sa grand-tante Lucy vient en effet de décéder et de lui léguer un chalet décrépit, niché sur la rive d'un lac sauvage au milieu d'autres bùtiments, villégiatures estivales des notables de la ville la plus proche jusqu'à la fin des années 30. Mais nous ne sommes pas en été : c'est le début de l'hiver quand les nouvelles venues, aprÚs une longue route, prennent possession des lieux. Le lac, situé non loin du Canada, est gelé ; la maison est mal chauffée ; les petites ont du mal à s'adapter, surtout la plus grande ; leur mÚre a toute une vie à reconstruire. De plus, elles n'ont pour seuls voisins que deux frÚres trÚs ùgés, Abe et Matthew Miller, dont la mÚre était indienne et qui sont les seuls témoins vivants d'un drame familial qui s'est joué exactement à cet endroit durant l'été 1935. La grand-tante Lucy avait alors 11 ans ; sa soeur aßnée, Lilith, la grand-mÚre de Justine, en avait 13 ; et Emily, la petite derniÚre de 6 ans, était encore là... avant de disparaßtre mystérieusement au début du mois de septembre. Les filles Evans avaient pour parents une mÚre effacée s'accrochant à Emily comme à une bouée de sauvetage et un pÚre intimidant, mi-pharmacien mi-prédicateur...

Le lendemain du 4 juillet, en me rĂ©veillant, j'ai contemplĂ© la progression du soleil sur les lattes du plancher. Des bruits de fourchettes cliquetant sur des assiettes montaient de la cuisine, mais aucune de nous n'a bougĂ© jusqu'Ă  ce que MĂšre vienne ouvrir notre porte. Elle nous avait prĂ©parĂ© un petit-dĂ©jeuner de fĂȘte : pancakes, saucisses, oeufs, pommes de terre et mĂȘme les muffins Ă  la farine de maĂŻs dont Lilith raffolait. Je fixais le beurrier au centre de la table.

Qu'est-il arrivé exactement, lors de ce fameux été, il y a 65 ans ? Peu avant sa mort, Lucy a tout mis par écrit pour enfin tout dévoiler à quelqu'un, en l'occurrence à sa petite-niÚce Justine...

J'aime ce genre d'histoire de famille, Ă  la fois historique et sous tension, mĂȘlant les secrets, les points de vue et les Ă©poques, le passĂ© Ă©clairant le prĂ©sent par-delĂ  les gĂ©nĂ©rations. Comme d'autres de ce style, ce rĂ©cit se lit tout seul et, si on pressent la lourde rĂ©vĂ©lation derriĂšre les non-dits, la fin n'en reste pas moins poignante. J'ai apprĂ©ciĂ© cet ouvrage, dĂ©nichĂ© par hasard Ă  la mĂ©diathĂšque (l'hĂ©roĂŻne passe d'ailleurs pas mal de temps Ă  la bibliothĂšque, elle aussi : c'est lĂ  qu'elle trouve une partie des Ă©crits de son aĂŻeule). MyaRosa l'a lu en 2017.
378 pages

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