Patricia Wentworth, "La légende de Coldstone"

Shame on me : jusqu'à présent, quand j'entendais parler de cette auteure, je la croyais toujours en vie, une romancière à la Mary Higgins Clark, une contemporaine, quoi. Quelle n'a pas été ma surprise quand j'ai découvert, grâce au Mois Anglais, qu'elle était même née avant Agatha Christie, figurez-vous : en 1878 ! Ce roman, par exemple, a été publié en 1930.
Dans un style efficace et précis, on nous raconte l'histoire du domaine de Stonegate dont le jeune Anthony Colstone (sans d) vient d'hériter, et surtout celle des hautes pierres qui se dressent sur la colline juste derrière, vestiges d'un ancien cercle et qui continuent à alimenter les superstitions.
Dans le testament de son arrière-grand-oncle, mort centenaire, Anthony découvre une close surprenante : il n'aura la propriété en sa possession que s'il promet de préserver les pierres à tout prix. Pour quelles raisons ? Le diable est-il vraiment apparu sous l'une des pierres sacrées ? Et existe-t-il bien un trésor caché dans le manoir ?
En menant sa petite enquête, le héros découvre vite qu'au cœur de la campagne anglaise, tout le monde se connaît : au village, les rumeurs vont vite et les gens semblent porter en eux de lourds secrets... Mais la belle, étrange et bouillonnante Susan va l'aider à comprendre la vérité.
J'ai vraiment apprécié ce roman. D'une part pour le décor : quelques épisodes à Londres mais surtout cette bourgade rurale, où les vieilles dames se reçoivent à l'heure du thé, où on s'intéresse à la généalogie, où les fidèles serviteurs font partie de la famille et où les voisins sont toujours à l'affût. Sans oublier la maison de Stonegate, avec ses murs lambrissés, sa grande bibliothèque et... ses passages secrets ! D'autre part, l'intrigue en elle-même, habile mélange d'obscures légendes et de chasse au trésor, avec un précieux livre du XVIe siècle en ligne de mire, m'a beaucoup plu. On sent que la plume est acérée, habituée à tisser les mystères. Enfin, le personnage de Mrs Bowyer, autre vénérable centenaire de l'histoire, franche, robuste, directe et en même temps très tendre, m'a conquise. A côté, les deux vieilles Miss Colstone paraissaient bien fades... A recommander, décidément. Merci, Choco-Mum, pour le prêt ! ^_^ Esperluette l'a aussi lu pendant le Mois Anglais.
332 pages
