Mary Wesley, "La pelouse de camomille"
NB : Le présent billet s'inscrit dans l'exacte continuité de celui d'hier. Cornouailles, Seconde Guerre Mondiale, feuilleton TV et saga familiale, nous revoilà ! :-) Mais avec une plume plus acerbe que celle de Mrs Pilcher et dans un style plus affirmé.

J'avais déjà bien aimé Les raisons du cœur (lu il y a quelque temps), notamment pour son côté irrévérencieux. Et dire que Mary Wesley (1912-2002) a commencé à écrire à 70 ans ! Sacrée mamie ! Et récemment, au gré des rayons de la médiathèque, j'ai renouvelé l'expérience avec bonheur...
L'histoire de ce volume-ci (repéré chez Clarabel, Lilly et, en juin dernier, chez Choupynette) commence pendant l'été 1939. Comme chaque année, les 5 neveux de Richard et Helena se retrouvent dans leur immense demeure au bord des falaises de Cornouailles. La belle Calypso, la pragmatique Polly, Oliver, Walter et la jeune Sophy aiment discuter et s'amuser sur la pelouse de camomille... Sophy est amoureuse d'Oliver, qui est fou de Calypso, qui attend de rencontrer le prince charmant, riche de préférence. Chez Richard et Helena, on croise également Paul et David, des jumeaux amis des jeunes gens, et puis Max et Monika, deux Autrichiens musiciens réfugiés en Angleterre tandis que leur fils est prisonnier dans un camp de concentration. Car oui, le temps de l'insouciance et des futilités s'achève brutalement...

Au mois d'août, la guerre éclate, les habitudes et les destinées volent en éclats. Entre Londres et Penzance, les aînées trouvent des emplois dans des bureaux de renseignements, les garçons s'engagent dans l'armée, Sophy retourne à l'école, mais...
"... ce qui d'ordinaire aurait paru inconcevable se dénude. Tout est exacerbé, surtout l'amour. Qu'importent les liens du mariage ou les bombardements, les conventions sont transgressées avec délice", dixit la 4è de couverture.

Ce qui m'a plu dans ce roman qui couvre plusieurs décennies, ce ne sont pas vraiment les personnages (tous fort égoïstes), mais plutôt le fait de tout nous montrer tel quel, de ne rien enjoliver, même ce qui est déloyal. C'est un texte qui ne ment pas, un texte entier, la plume est ciselée, dure même souvent. Et puis j'en ai aimé la construction : le récit du passé rattrape peu à peu le temps présent, de manière très habile et en exploitant au maximum les dialogues (qui constituent environ les deux-tiers de l'ouvrage, lui apportant beaucoup de dynamisme). Bref, ce deuxième RDV avec Dame Wesley fut réussi !
431 pages