Edward Morgan Forster, "Avec vue sur l'Arno"

Toute début du XXe siècle, à l'époque d'Edward VII (le livre a été publié en 1908). Lucy Honeychurch, jeune fille de la bonne bourgeoisie anglaise, visite Florence avec sa cousine et chaperon, la vieillissante (et irritante) Miss Charlotte Bartlett. A la pension Bertolini où les deux femmes séjournent, se trouvent également un religieux facétieux, Mr Beebe, deux frangines vieilles filles, une aventurière écrivain horripilante et surtout les Emerson, un père et son timide fils George, tous deux un peu originaux et prêts à offrir aux deux héroïnes leurs chambres qui donnent sur le fleuve. Pendant le séjour, George outrepasse les règles de bienséance en volant deux baisers à Lucy, baisers qui la laissent proprement scandalisée ! Heureusement, de retour dans le Surrey, elle se fiance bien vite avec un voisin plein d'avenir mais aux idées très arrêtées, histoire d'oublier le trouble qu'elle éprouve pour George. Sa vie semble donc redevenue rangée, tout est rentré dans l'ordre, ouf... Jusqu'à ce que, surprise ! George et son père loue une villa, à proximité de chez Lucy ! Des secrets prêts à resurgir, des sonates au piano, une baignade dans l'étang... Quelle voie notre jeune oie blanche finira-t-elle par choisir ?

Au final, j'ai été un peu déçue et ai même sauté quelques pages... Les espoirs de liberté de Miss Honeychurch ainsi que le premier tiers florentin m'ont bien plu (l'Arno, les places, les statues, les églises, les paysages toscans : ça m'a rappelé des souvenirs ^_^). Par contre, les chapitres anglais m'ont lassée : que de tergiversations, de promesses non tenues, de bavardages sans fin, de règles ridicules et d'a prioris... Lucy a de respectables envies de liberté mais ne les assume pas ou alors très tardivement (quel cinéma !). Sa mère est une créature sans cervelle, le fiancé est réfrigérant, détestable, et Miss Bartlett, gonflante.
Oh ! Ces Honeychurch ! Œufs, chaudières, hortensias, domestiques - voilà ce qui emplissait leur existence !
Seuls les Emerson m'ont touchée.
Même en prenant ce roman au second degré (car Forster s'amuse avec son lecteur, le prend à parti, le met dans la confidence) et malgré la satisfaction d'avoir enfin lu ce classique, j'ai fini par m'ennuyer. Légèreté du ton, valse des sentiments, escapades estivales et campagne anglaise n'auront pas suffi... Dommage. Des avis bien plus positifs, l'an passé, chez Jamestine et Papillon.
323 pages
