Eva Rice, "Londres par hasard"

En ce week-end de fête de la musique, que diriez-vous d'une petite excursion dans le "swinging London" de Brian Jones (1942-1969), le fondateur des Rolling Stones ?

Années 1950 pour commencer. Elvis se fait un nom, Nathalie Wood est une étoile montante, on écoute les disques d'Alma Cogan.
Dans ce premier tiers du roman, qui se déroule en Cornouailles et contient de multiples échos à L'amour comme par hasard, on découvre la famille (nombreuse) de Tara Jupp, l'héroïne que l'on suit de 10 à 18 ans et qui a 7 frères et sœurs. Lucy, sa sœur aînée, est une vraie beauté passionnée d'architecture et de vieilles demeures anglaises ; leur père est pasteur ; quant à leur mère décédée en couches, elle a laissé à Tara un goût prononcé pour l'équitation (qu'elle pratique en cachette dans le magnifique domaine de Trellanack) et un don pour le chant. Elle est d'ailleurs si douée que Billy, un producteur américain installé à Londres et marié à une amie des filles, lui propose d'enregistrer un disque. Comme la vie est bien faite, Billy a pour associé Inigo Wallace, le frère de Pénélope de Milton Magna !
Autant vous le dire tout de suite : dès cette première partie, ma patience a été mise à rude épreuve à cause d'incohérences (sans doute dues à la traduction) et d'innombrables erreurs d'impression, d'orthographe ou mots oubliés qui m'ont franchement énervée !!
Tara, accompagnée de Lucy en mini-jupe, arrive donc à Londres au début des années 1960 (et ça va un tout petit peu mieux côté coquilles) :
Il y avait là tous les lieux dont on m'avait dit qu'ils existaient, mais auxquels je n'avais encore jamais vraiment cru avant de les voir depuis l'intérieur d'un taxi noir. Hyde Park, puis le Royal Albert Hall, et ensuite Knightsbridge où Harrods dégorgeait ses clients dans le soleil du soir. Jamais je n'avais vu une telle crasse ni tant de glamour, de hauteur, de beauté, de désordre et d'ordre, le tout mêlé ensemble.
Relookée dans la boutique ultra-fashion de Charlotte Ferris, logée dans un merveilleux hôtel particulier victorien où le Six O'Clock Club est une institution, Tara devient la starlette Cherry Merrywell et découvre un monde d'excès, de liberté, de sensualité et de musique !

"The boat that rocked" / "Good morning, England"
Au final, j'ai trouvé intéressante l'idée d'entrelacer les deux romans "par hasard" d'Eva Rice, j'ai aimé l'effervescence des sixties, la construction du livre comme une escapade dans la capitale suivie d'un retour chez soi, les passages décrivant les belles demeures du XIXe ainsi que les références littéraires abondantes et variées : Enid Blyton, Dickens, Oscar Wilde, Nancy Mitford, C.S. Lewis, J.M. Barrie, Conan Doyle...
Les mains jointes sur la poitrine, en noir de la tête aux pieds et avec ses yeux gris acier, tante Mary était un tiers Mrs Danvers de Rebecca et deux-tiers Mrs Piquedru, de Beatrix Potter.

Sans oublier, un joli passage situé lors de Noël, en 1962 :
La Cornouailles était d'une beauté stupéfiante. Les houx, avec leurs baies de la couleur du rouge à lèvres de Clover, la rivière gelée, qui se craquelait par endroits pareillement aux crèmes brûlées d'Imogen les plus réussies, et poudrées à frimas par le givre, avec au loin, la mer, grise comme le ciel, dont la surface froide et métallique se parait de blancs chevaux d'écume...
Malheureusement, malgré ses atouts certains, ce roman ne m'a pas réellement emportée et j'avoue avoir lu quelques chapitres en diagonale. :-(
Il y a quelques années, j'avais trouvé L'amour... agréable ; idem avec ce volume-ci : acidulé et sympathique mais trop léger et trop "bavard", il ne me marquera pas vraiment lui non plus. Par contre, je conserverai le (douloureux) souvenir du nombre phénoménal de fautes qu'il contient ! Bref, toujours pas convaincue par les ouvrages d'Eva Rice (dont les titres français sont bien plats par rapport aux originaux, c'est dommage), je ne désespère pas : jamais 2 sans 3, comme on dit... ^_^
Les billets de Tiphanie et de Perséphone sont beaucoup plus positifs.
488 pages

